En bref
La garantie locative est une somme que le locataire met de côté pour protéger le bailleur en cas de dégâts ou de loyers impayés. La loi ne l’impose pas, mais la plupart des contrats la prévoient. À Bruxelles (baux conclus ou renouvelés depuis le 1er novembre 2024) et en Wallonie (depuis le décret du 19 mai 2023), elle ne peut pas dépasser 2 mois de loyer, quelle que soit sa forme. Le locataire choisit la forme : compte bloqué à son nom, garantie bancaire ou garantie d’un CPAS.
Un montant plafonné par la Région
Le bien loué décide de la Région compétente. Pour un bail de résidence principale :
- Wallonie : la garantie ne peut pas excéder un montant équivalent à 2 mois de loyer. Cette règle, fixée par le décret du 19 mai 2023, vaut pour les trois formes de garantie.
- Bruxelles : pour les baux conclus ou renouvelés à partir du 1er novembre 2024, le maximum est aussi de 2 mois de loyer. Pour les baux conclus ou renouvelés avant cette date, le plafond restait de 2 mois pour le compte individualisé, mais de 3 mois pour les garanties bancaires.
- Flandre : les règles sont propres à la Région ; renseignez-vous sur vlaanderen.be.
Exemple chiffré : pour un loyer de 900 € par mois, la garantie maximale est de 1 800 €. Ce chiffre est un exemple de calcul, pas un conseil pour un bail précis.
Les formes de garantie en Wallonie
Le locataire choisit parmi trois formes (décret wallon, art. 62) :
- Un compte individualisé ouvert à son nom auprès d’une institution financière. Les intérêts sont capitalisés au profit du locataire. Le bailleur a un privilège sur l’actif du compte pour ce que le locataire lui doit.
- Une garantie bancaire qui permet de constituer la garantie progressivement. La banque avance le montant. Le locataire la reconstitue par mensualités constantes pendant le bail, sur 3 ans maximum, sans intérêt débiteur. Il s’adresse à la banque où arrivent ses revenus. Une banque ne peut pas refuser cette garantie pour des raisons liées à la solvabilité du locataire.
- Une garantie bancaire issue d’un contrat-type entre un CPAS et une banque. C’est le CPAS qui fait la demande auprès de la banque.
Il est aussi possible, selon la page officielle, de placer la somme à la Caisse des Dépôts et Consignations via e-DEPO, l’application en ligne du SPF Finances.
Les formes de garantie à Bruxelles
Depuis le 1er novembre 2024, la loi bruxelloise énumère cinq formes, au choix du locataire :
- un compte individualisé à son nom, auprès d’une institution financière agréée par la FSMA ;
- une garantie bancaire issue d’un contrat-type entre un CPAS et une institution financière agréée ;
- une garantie bancaire qui permet de constituer progressivement la garantie (mensualités constantes, 3 ans maximum, sans intérêt à la banque) ;
- une sûreté réelle auprès d’une institution financière agréée par la FSMA, au nom du locataire ;
- une caution personnelle, qui peut s’ajouter aux formes 1 à 4 pour un bail étudiant.
Pour les baux d’avant cette date, le Code ne décrit que trois formes : compte individualisé, garantie bancaire progressive et garantie CPAS.
Si le bailleur garde l’argent lui-même
Certains bailleurs demandent la somme en mains propres. La Région wallonne conseille alors au locataire d’obtenir un reçu ou de conserver la preuve du versement. Un bailleur qui détient la garantie sans la placer sur un compte au nom du locataire doit des intérêts à celui-ci, à partir du jour de la remise. Il est conseillé de remettre les clés d’un logement au locataire seulement quand la garantie est bien constituée, précise la page wallonne à l’attention du bailleur.
À Bruxelles, la brochure officielle ajoute que, pour le compte individualisé, le locataire peut, sur preuve, déduire la garantie des loyers et la placer lui-même sur un compte à son nom.
Récupérer la garantie en fin de bail
À la fin du bail, la garantie et les intérêts sont rendus au locataire, à condition qu’il ait rempli ses obligations. La banque ne débloque l’argent que sur présentation :
- d’un accord écrit du locataire et du bailleur, établi au plus tôt à la fin du bail (un accord signé dès le début ne suffit pas) ;
- ou d’une copie d’un jugement exécutoire.
À Bruxelles, pour les baux conclus ou renouvelés depuis le 1er novembre 2024, la garantie doit être libérée dans les 2 mois de la remise des clés au bailleur, sauf procédure contentieuse. Le bailleur en défaut doit au locataire 10 % du montant de la garantie par mois de retard. Dans un immeuble à appartements multiples géré par une même personne (syndic, par exemple), une partie de la garantie peut rester bloquée jusqu’à la clôture annuelle des comptes. Le locataire a intérêt à faire établir un état des lieux de sortie avant de rendre les clés.
En colocation, la garantie suit des règles prévues dans le pacte (voir Colocation).
Combien ça coûte
La garantie n’est pas une dépense perdue : elle est rendue si le locataire respecte le bail. Elle représente 2 mois de loyer au maximum. En Wallonie, le locataire qui a du mal à la constituer peut s’adresser à la Société wallonne du Crédit social (SWCS), qui peut accorder, sous conditions, un prêt à taux zéro. À Bruxelles, le Fonds du Logement peut prêter jusqu’à 100 % du montant à 0 %, avec un remboursement sur 24 mois au maximum, ou accorder une aide via le fonds BRUGAL, dont l’adhésion coûte entre 12 € et 37 € par mois selon les revenus (brochure de janvier 2025). Vérifiez les conditions actuelles auprès du Fonds du Logement ou de votre CPAS.
Quel professionnel consulter
Le CPAS de votre commune peut vous aider à constituer la garantie. Une banque ou un courtier en assurance peut vous expliquer la garantie bancaire. En cas de litige sur la restitution, un avocat peut vous conseiller, et le juge de paix peut trancher.
Questions fréquentes
Le bailleur peut-il exiger plus de 2 mois de garantie ?
Non, pour un bail de résidence principale. Une clause qui dépasse le plafond n’est pas valable. Le locataire peut demander le remboursement de ce qu’il a payé en trop.
La garantie est-elle obligatoire ?
La loi ne l’impose pas. Elle n’existe que si le contrat de bail la prévoit.
Peut-on utiliser la garantie pour payer le dernier loyer ?
Non, pas de façon unilatérale : la banque ne libère l’argent que sur accord écrit des deux parties ou sur jugement.
Que se passe-t-il si le locataire ne peut pas réunir la somme ?
Il peut choisir la garantie bancaire (constituée sur 3 ans maximum) ou demander l’aide d’un CPAS ou d’un organisme régional.
Et pour une colocation ?
Les conditions de constitution et de libération de la garantie doivent figurer dans le pacte de colocation, en Wallonie comme à Bruxelles.
Les autres guides
- Primes à la rénovation en Wallonie et à Bruxelles
- Agent immobilier : vérifier son agrément IPI
- Courtier en crédit hypothécaire : rôle, FSMA et coût
- Notaire : son rôle, ses honoraires et comment le choisir
- Droits d'enregistrement : taux et abattements par Région
- Précompte immobilier : calcul et réductions
- Revenu cadastral : ce que c'est et comment le contester
- Certificat PEB : obligatoire pour vendre ou louer
- Géomètre-expert : bornage, mesurage et titre protégé
- Offre d'achat et compromis de vente : ce qui vous engage
- Chèque habitat, bonus logement : l'avantage fiscal du prêt
- Assurance solde restant dû : obligatoire ou pas ?
- Acheter sur plan : ce que garantit la loi Breyne
- Acheter en copropriété : syndic, charges et documents
- Contrôle électrique à la vente d'une maison
- Indexer un loyer à Bruxelles et en Wallonie
- Donner un bien immobilier : droits de donation par Région
- Vendre ou acheter en viager en Belgique
- Acheter un bien via une société : ce qui change
- Acheter à deux : mariés, cohabitants, en indivision
- Acheter un bien déjà loué : bail, locataire, garantie
- Acheter une maison à rénover : points de contrôle
- Acheter un terrain à bâtir : les vérifications
- Apport personnel et quotité : ce que demandent les banques
- Attestation du sol : Bruxelles et Wallonie
- Audit logement en Wallonie : à quoi il sert
- Bail de résidence principale : durées et règles
- Travaux et réparations : propriétaire ou locataire ?
- Citerne à mazout : obligations à la vente
- Colocation : le pacte et le bail
- Crédit-pont : acheter avant d'avoir vendu
- Détecteurs de fumée : l'obligation pour les logements
- Dossier d'intervention ultérieure (DIU) à la vente
- Droits de succession sur un bien immobilier
- Enregistrer un bail : qui, quand, comment
- Estimer un bien : méthodes et prix médians (Statbel)
- État des lieux d'entrée et de sortie
- Mettre fin à un bail : préavis et indemnités
- Habitation familiale : l'exonération en succession
- Logement inoccupé : taxes et amendes
- Confier sa vente à une agence : le contrat de courtage
- Hypothèque ou mandat hypothécaire : les différences
- Obligation de rénovation PEB à Bruxelles : le calendrier
- Panneaux solaires : règles et aides en 2026
- Travaux : quand faut-il un permis d'urbanisme ?
- Plus-value immobilière : quand est-elle taxée ?
- Premier achat immobilier en Belgique : les étapes
- Prêt hypothécaire social : Wallonie et Bruxelles
- Refinancer son crédit hypothécaire : remploi et frais
- Renseignements urbanistiques et infractions à la vente
- Revenus locatifs : comment sont-ils imposés ?
- Servitudes et mitoyenneté : le Code civil
- Crédit hypothécaire : taux fixe ou variable ?
- Taxe sur les secondes résidences en Wallonie
- TVA à 6 % : rénover ou démolir-reconstruire
- Vendre un bien en indivision ou reçu en héritage
- Vendre sa maison en Belgique : étapes et documents
- Acheter en vente publique en ligne (Biddit)
- Zone inondable : ce qu'il faut savoir avant d'acheter
Sources
- Décret du 15 mars 2018 relatif au bail d'habitation, texte coordonné, art. 62 (Wallex, Région wallonne) (consulté le 13 octobre 2026)
- La garantie locative (logement.wallonie.be) (consulté le 13 octobre 2026)
- Le bail d'habitation, page d'accueil (logement.wallonie.be) (consulté le 13 octobre 2026)
- Un mauvais bail, ça peut faire mal. Les baux d'habitation à Bruxelles, brochure juridique de janvier 2025 (Région de Bruxelles-Capitale) (consulté le 13 octobre 2026)