En bref
Une plus-value immobilière est en principe taxée à 19 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux, après abattements pour durée de détention (service-public.gouv.fr). Plusieurs cas l’exonèrent, prévus à l’article 150 U du CGI : la vente de la résidence principale, la première vente d’un autre logement par un vendeur non propriétaire de sa résidence principale qui réinvestit le prix dans les 24 mois, les ventes dont le prix ne dépasse pas 15 000 €, les retraités et invalides aux revenus modestes et, sous conditions, les non-résidents ressortissants de l’Union européenne ou de l’EEE. La détention longue exonère aussi : d’impôt après 22 ans, de prélèvements sociaux après 30 ans.
La résidence principale
C’est l’exonération la plus courante. Le II, 1° de l’article 150 U vise les immeubles « qui constituent la résidence principale du cédant au jour de la cession », dépendances comprises (cave, garage, place de stationnement) lorsqu’elles sont vendues en même temps. Il s’agit de l’habitation habituelle et effective, occupée la majeure partie de l’année (service-public.gouv.fr ; voir notre guide sur la résidence principale). L’exonération est totale, sans condition de durée de détention ni de remploi.
Le logement doit encore être la résidence principale au jour de la vente. Le BOFiP admet toutefois qu’un logement occupé jusqu’à sa mise en vente reste exonéré si la vente intervient dans un délai normal et s’il n’a été ni loué ni occupé gratuitement entre-temps ; « dans un contexte économique normal, un délai d’une année constitue en principe le délai maximal », apprécié au cas par cas. En cas de séparation, l’un des ex-conjoints doit l’avoir occupé jusqu’à sa mise en vente (service-public.gouv.fr).
La première vente d’un autre logement, avec remploi
Le II, 1° bis de l’article 150 U exonère la première cession d’un logement autre que la résidence principale lorsque le vendeur n’a pas été propriétaire de sa résidence principale, directement ou par personne interposée, au cours des quatre années précédant la vente.
L’exonération ne porte que sur « la fraction du prix de cession » que le vendeur remploie dans un délai de vingt-quatre mois à l’acquisition ou la construction d’un logement affecté à son habitation principale. Si une seule partie du prix est réinvestie, seule la part correspondante de la plus-value est exonérée. En cas de manquement, l’exonération est remise en cause l’année du manquement (art. 150 U).
Précisions du BOFiP :
- le remploi doit porter sur un logement en pleine propriété ; l’achat de parts de SCI ou de SCPI n’est pas admis ;
- le délai de 24 mois se calcule de date à date à partir de la vente ;
- le logement acquis peut se situer dans l’Union européenne ou l’EEE, sous condition de convention d’assistance administrative.
L’exonération s’obtient par une mention dans l’acte de vente et ne joue qu’une seule fois (service-public.gouv.fr).
Les ventes de 15 000 € ou moins
Le II, 6° de l’article 150 U exonère les cessions dont le prix est inférieur ou égal à 15 000 € : un garage, une parcelle, un petit local. Selon le BOFiP, cette exonération vaut aussi pour les prélèvements sociaux. Le seuil :
- s’apprécie bien par bien, et non sur l’ensemble des ventes de l’année ;
- s’apprécie par quote-part en indivision : un indivisaire à 20 % d’un bien vendu 70 000 € (14 000 € pour lui) est exonéré, celui à 80 % (56 000 €) ne l’est pas ;
- s’apprécie sur la valeur en pleine propriété lorsque l’usufruit ou la nue-propriété sont vendus séparément.
Les retraités et invalides aux revenus modestes
Le III de l’article 150 U exonère les titulaires d’une pension de vieillesse ou de la carte mobilité inclusion portant la mention « invalidité » qui, au titre de l’avant-dernière année précédant la vente :
- ne sont pas redevables de l’IFI ;
- ont un revenu fiscal de référence inférieur à la limite de l’article 1417, I du CGI.
Pour une vente en 2026, service-public.gouv.fr indique un revenu fiscal de référence 2024 ne dépassant pas 12 793 € pour la première part de quotient familial, plus 3 428 € par demi-part supplémentaire (montants différents outre-mer). Cette exonération vaut pour tout bien, pas seulement la résidence principale.
Une exonération voisine (II, 1° ter) vise l’ancienne résidence principale d’une personne entrée en établissement pour personnes âgées ou adultes handicapés, vendue dans les 2 ans et non occupée entre-temps, avec un plafond de revenus de 30 024 € pour la première part en 2026 (service-public.gouv.fr).
Les non-résidents
Un non-résident est imposé sur ses plus-values françaises dans les mêmes conditions qu’un résident (service-public.gouv.fr ; voir nos guides sur l’achat immobilier par un non-résident et sur la plus-value d’un non-résident). Il ne peut toutefois invoquer ni l’exonération de la résidence principale, ni celle de la première cession avec remploi, ni celle des personnes entrées en établissement (BOI-RFPI-PVINR-10-20, § 200). Deux exonérations lui sont propres :
- ancienne résidence principale : vente au plus tard le 31 décembre de l’année suivant le départ de France, sans mise à disposition d’un tiers entre-temps, à condition que la nouvelle résidence du vendeur se situe dans un État de l’UE ou dans un État lié à la France par une convention d’assistance administrative contre la fraude et l’évasion fiscales et une convention d’assistance au recouvrement (impots.gouv.fr) ;
- autre logement en France (II, 2° de l’article 150 U) : pour un ressortissant de l’UE ou de l’EEE (État lié à la France par une convention d’assistance administrative), domicilié fiscalement en France de façon continue pendant au moins deux ans auparavant, dans la limite d’une résidence et de 150 000 € de plus-value nette imposable, apprécié par vendeur et, pour un couple marié, sur la part de chaque époux (BOI-RFPI-PVINR-10-20, § 420). La vente doit intervenir au plus tard le 31 décembre de la dixième année suivant le départ, sauf si le vendeur a la libre disposition du logement depuis au moins le 1er janvier de l’année précédant la vente.
Les autres cas
Service-public.gouv.fr cite aussi la détention de plus de 22 ans (impôt) et 30 ans (prélèvements sociaux), les ventes à un organisme de logement social ou à un opérateur qui s’engage à produire des logements sociaux (jusqu’au 31 décembre 2027), l’expropriation avec remploi de l’indemnité sous 12 mois et la vente d’un droit de surélévation réalisée au plus tard le 31 décembre 2026 (sauf prorogation, cette exonération ne vaut plus pour les ventes de 2027). Pour les ventes imposables, voir notre guide sur la plus-value immobilière et le calculateur de plus-value.
FAQ
Faut-il habiter le logement au jour de la vente pour être exonéré ?
En principe oui. Le BOFiP admet un logement libéré avant la vente s’il est vendu dans un délai normal, en principe un an au maximum, sans avoir été loué ni prêté.
Combien de fois peut-on utiliser l’exonération pour première cession ?
Une seule fois, par une mention dans l’acte de vente, à condition de ne pas avoir été propriétaire de sa résidence principale dans les 4 ans et de réinvestir dans les 24 mois.
Le remploi doit-il porter sur la totalité du prix ?
Non. L’exonération est proportionnelle à la fraction du prix réinvestie dans la résidence principale.
Un garage vendu 12 000 € est-il imposable ?
Non, si le prix est inférieur ou égal à 15 000 € : la plus-value est exonérée d’impôt et de prélèvements sociaux.
Un retraité est-il toujours exonéré ?
Non. Il doit, pour l’avant-dernière année, ne pas payer l’IFI et avoir un revenu fiscal de référence sous le plafond (12 793 € pour une part, ventes de 2026).
Quel professionnel consulter
Le notaire calcule la plus-value, applique l’exonération et porte la mention de remploi dans l’acte : c’est à lui de fournir vos justificatifs (avis d’imposition, preuve d’occupation). Pour une revente suivie d’un rachat dans les 24 mois, l’agent immobilier aide à caler le calendrier, et un courtier en crédit peut chiffrer le financement de la nouvelle résidence principale.
Trouver un professionnel
Un seul professionnel par métier et par secteur, sélectionné et noté sur 100 points à partir de données publiques, titre vérifiable. Le métier, son registre officiel et les professionnels retenus :
Le notaire retenu dans les grandes villes
| Ville | Professionnel | Secteur | Score /100 | Statut |
|---|---|---|---|---|
| Paris | Dextera Notaires | Paris, 7e arrondissement | 91 | Retenu |
| Marseille | 1391 Notaires | Marseille, 8e arrondissement | 85 | Retenu |
| Lyon | Archers Notaires | Lyon, 2e arrondissement | 92 | Retenu |
| Montpellier | Lexnot | Montpellier | 93 | Retenu |
| Bordeaux | 1645 Notaires | Bordeaux | 90 | Retenu |
| Lille | Notaires Lille Royale | Lille | 70 | Retenu |
| Rennes | Notaires des Lices | Rennes | 87 | Retenu |
| Dijon | Legatis Dijon-Genlis | Dijon | 86 | Retenu |
| Brest | Quid Novi Brest Notaires & Conseils | Brest | 86 | Retenu |
| Cannes | 1795 | Cannes | 70 | Retenu |
Les 10 villes qui comptent le plus de ventes (DVF 2025) et où un notaire est retenu ; dans une ville à plusieurs secteurs, la fiche au meilleur score. « Vérifié » : titre lu au registre par Payotte ; « Retenu » : titre déclaré, vérifiable sur la fiche.
Dans le même thème : Impôts du propriétaire
Sources
- Impôt sur le revenu - Plus-value immobilière (service-public.gouv.fr, vérifié le 15 avril 2026) (consulté le 11 octobre 2026)
- Code général des impôts, article 150 U – version en vigueur depuis le 21 février 2026 (Légifrance) (consulté le 11 octobre 2026)
- BOI-RFPI-PVI-10-40 – Plus-values immobilières, exonérations (BOFiP, 8 août 2023) (consulté le 11 octobre 2026)
- BOI-RFPI-PVI-10-40-10 – Exonération de la résidence principale (BOFiP, 27 juin 2023) (consulté le 11 octobre 2026)
- BOI-RFPI-PVI-10-40-30 – Première cession d'un logement autre que la résidence principale (BOFiP, 7 juillet 2021) (consulté le 11 octobre 2026)
- BOI-RFPI-PVI-10-40-70 – Exonération liée au montant des cessions (BOFiP, 14 avril 2014) (consulté le 11 octobre 2026)
- BOI-RFPI-PVI-10-40-90 – Exonération liée à la qualité du cédant (BOFiP, 14 avril 2014) (consulté le 11 octobre 2026)
- Je vends un bien immobilier. Est-ce que je bénéficie des mêmes exonérations (habitation principale…) que les résidents ? (impots.gouv.fr, mis à jour le 5 juillet 2022) (consulté le 12 octobre 2026)
- BOI-RFPI-PVINR-10-20 – Plus-values des non-résidents, immeubles ou droits concernés (BOFiP, 19 avril 2019) (consulté le 12 octobre 2026)
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