En bref
Réaliser des travaux sans autorisation d’urbanisme, ou sans respecter celle obtenue, constitue un délit (service-public.gouv.fr). Le vendeur ne peut pas le taire : la partie qui connaît une information déterminante pour le consentement de l’autre doit l’en informer, et ce devoir ne peut être ni limité ni exclu (code civil, art. 1112-1). Les risques s’éteignent par étapes : 6 ans pour les poursuites pénales, 5 ans pour l’action d’un tiers, 10 ans pour l’action civile de la commune, à compter de l’achèvement des travaux. Mais une construction édifiée sans aucun permis de construire alors qu’il était requis reste, sur le plan administratif, sans existence légale tant qu’elle n’est pas régularisée.
Les délais de prescription
| Risque | Délai | Point de départ | Source |
|---|---|---|---|
| Poursuites pénales | 6 ans | Achèvement des travaux | Code de procédure pénale, art. 8 ; service-public.gouv.fr |
| Action d’un tiers (voisin, copropriété…) | 5 ans | Achèvement des travaux | service-public.gouv.fr |
| Action civile de la commune en démolition ou mise en conformité | 10 ans | Achèvement des travaux | Code de l’urbanisme, art. L480-14 |
| Refus d’autorisation fondé sur l’irrégularité initiale | 10 ans, sauf exceptions | Achèvement de la construction | Art. L421-9 |
Le pénal. Pendant 6 ans, l’auteur des travaux encourt une amende d’au moins 1 200 €, pouvant atteindre 6 000 € par mètre carré de surface construite, démolie ou rendue inutilisable, ou 300 000 € dans les autres cas ; en cas de récidive, 6 mois d’emprisonnement peuvent s’y ajouter (code de l’urbanisme, art. L480-4). Le texte vise « Le fait d’exécuter des travaux » irréguliers.
Le civil. La commune peut saisir le tribunal judiciaire pour faire ordonner la démolition ou la mise en conformité d’un ouvrage édifié sans l’autorisation exigée ou en méconnaissance de celle-ci, pendant 10 ans après l’achèvement des travaux (art. L480-14). Le texte vise l’ouvrage, sans distinguer selon son propriétaire. Un tiers lésé peut demander la démolition, la mise en conformité ou des dommages et intérêts pendant 5 ans (service-public.gouv.fr).
L’administratif. La commune peut aussi infliger une amende de 30 000 € au plus et mettre en demeure de régulariser, avec une astreinte de 1 000 € par jour de retard au plus, plafonnée à 100 000 € (art. L481-1).
Le cas de la construction sans permis de construire
Lorsqu’une construction est achevée depuis plus de 10 ans, la mairie ne peut plus refuser un permis ou s’opposer à une déclaration préalable en invoquant l’irrégularité de la construction initiale (art. L421-9). Cette protection ne joue pas, notamment :
- « Lorsque la construction a été réalisée sans qu’aucun permis de construire n’ait été obtenu alors que celui-ci était requis » (5°) ;
- lorsque la construction expose ses usagers ou des tiers à un risque grave, lorsqu’une action en démolition a été engagée, ou lorsqu’elle se trouve dans un parc national, un site classé ou sur le domaine public.
Dans ce cas, la construction n’a pas d’existence légale administrative : pour tout nouveau projet, il faut demander une autorisation portant sur l’ensemble du bâtiment, à la fois pour régulariser l’existant et pour les nouveaux travaux (service-public.gouv.fr). Pour une construction ancienne qui ne peut plus faire l’objet d’action pénale ou civile, l’administration peut toutefois autoriser les travaux nécessaires à sa préservation. La construction irrégulière reste, elle, soumise à la taxe foncière.
Écart entre la fiche et la loi. Service-public.gouv.fr présente l’imprescriptibilité comme visant toute construction réalisée « sans autorisation d’urbanisme ». L’article L421-9 vise plus précisément la construction réalisée sans permis de construire alors qu’il était requis. Des travaux qui relevaient d’une simple déclaration préalable restent dans le régime des 10 ans, sous réserve des autres exceptions de l’article. C’est le texte de loi qui s’applique.
Informer l’acheteur
Le code civil impose au vendeur qui connaît une information « dont l’importance est déterminante » pour le consentement de l’acheteur de la lui communiquer, dès lors que celui-ci l’ignore légitimement ou fait confiance à son cocontractant (art. 1112-1). Sont déterminantes les informations en lien direct et nécessaire avec le contenu du contrat. « Les parties ne peuvent ni limiter, ni exclure ce devoir. » Le manquement engage la responsabilité du vendeur et peut entraîner l’annulation de la vente.
En pratique, le vendeur signale les travaux concernés dès l’avant-contrat (compromis de vente) et fournit ce qu’il possède : autorisations, déclaration d’achèvement et de conformité, date d’achèvement, factures. L’acheteur peut alors négocier le prix, exiger une régularisation avant la vente ou renoncer en connaissance de cause.
Régulariser avant de vendre
Service-public.gouv.fr rappelle qu’on peut demander à tout moment la régularisation de travaux réalisés sans autorisation. La mairie vérifie alors leur conformité aux règles d’urbanisme en vigueur et peut :
- régulariser la construction ;
- demander certains travaux de mise en conformité ;
- refuser la régularisation si elle est impossible au regard de ces règles.
Une régularisation obtenue se joint au dossier de vente ; un refus est, lui aussi, une information à transmettre à l’acheteur.
FAQ
Au bout de combien de temps des travaux sans permis sont-ils prescrits ?
6 ans pour le pénal, 5 ans pour l’action d’un tiers, 10 ans pour l’action civile de la commune, à partir de l’achèvement des travaux (service-public.gouv.fr ; art. L480-14). Sur le plan administratif, une construction sans permis de construire alors qu’il était requis n’est jamais régularisée par le temps (art. L421-9, 5°).
Dois-je dire à l’acheteur que l’extension n’a pas été déclarée ?
Oui. C’est une information déterminante, et le devoir d’information ne peut être ni limité ni exclu par contrat (code civil, art. 1112-1).
L’acheteur peut-il être visé par une démolition ?
L’action civile de la commune vise l’ouvrage édifié sans autorisation, pendant 10 ans après l’achèvement des travaux, et le texte ne distingue pas selon son propriétaire (art. L480-14).
Peut-on régulariser des travaux anciens ?
Oui, à tout moment, à condition qu’ils respectent les règles d’urbanisme en vigueur au jour de la demande (service-public.gouv.fr).
Quelle amende pour des travaux sans autorisation ?
Au pénal, de 1 200 € jusqu’à 6 000 € par mètre carré ou 300 000 € (art. L480-4) ; au plan administratif, jusqu’à 30 000 € et une astreinte de 1 000 € par jour, plafonnée à 100 000 € (art. L481-1).
Quel professionnel consulter
Le géomètre-expert mesure les surfaces réellement construites et les compare aux autorisations obtenues : c’est la base d’un dossier de régularisation. Le notaire recherche les autorisations d’urbanisme, rédige les déclarations du vendeur dans l’avant-contrat et l’acte. L’agent immobilier intègre la situation administrative du bien dans l’estimation du prix.
Trouver un professionnel
Un seul professionnel par métier et par secteur, sélectionné et noté sur 100 points à partir de données publiques, titre vérifiable. Le métier, son registre officiel et les professionnels retenus :
Le géomètre-expert retenu dans les grandes villes
| Ville | Professionnel | Secteur | Score /100 | Statut |
|---|---|---|---|---|
| Paris | Actif Géo | Paris, 14e arrondissement | 77 | Retenu |
| Marseille | ATGTSM | Marseille, 9e arrondissement | 73 | Retenu |
| Lille | MA-GEO | Lille | 74 | Retenu |
| Cannes | Pythagore Géomètres-Experts | Cannes | 70 | Retenu |
| Nîmes | Relief GE | Nîmes | 72 | Retenu |
| Perpignan | Geopole - Géomètres-Experts Associés | Perpignan | 72 | Retenu |
| Nancy | Geodatis Selarl Geometres Experts | Nancy | 76 | Retenu |
| Annecy | GEHOM | Annecy | 74 | Retenu |
| Avignon | Géo-Experts | Avignon | 70 | Retenu |
| Quimper | Cornouaille Ingénierie Topographie | Quimper | 70 | Retenu |
Les 10 villes qui comptent le plus de ventes (DVF 2025) et où un géomètre-expert est retenu ; dans une ville à plusieurs secteurs, la fiche au meilleur score. « Vérifié » : titre lu au registre par Payotte ; « Retenu » : titre déclaré, vérifiable sur la fiche.
Dans le même thème : Vendre
Sources
- Infractions aux règles d'urbanisme : quels sont les délais de prescription ? (service-public.gouv.fr, vérifié le 25 février 2026) (consulté le 12 octobre 2026)
- Code de procédure pénale, article 8 (prescription des délits) – version en vigueur depuis le 12 mai 2024 (Légifrance) (consulté le 12 octobre 2026)
- Code de l'urbanisme, article L480-4 (sanctions pénales) – version en vigueur depuis le 11 avril 2024 (Légifrance) (consulté le 12 octobre 2026)
- Code de l'urbanisme, article L480-14 (action civile de la commune) – en vigueur depuis le 1er janvier 2020 (Légifrance) (consulté le 12 octobre 2026)
- Code de l'urbanisme, article L481-1 (amende administrative et astreinte) – version en vigueur depuis le 28 novembre 2025 (Légifrance) (consulté le 12 octobre 2026)
- Code de l'urbanisme, article L421-9 (construction achevée depuis plus de 10 ans) – en vigueur depuis le 25 août 2021 (Légifrance) (consulté le 12 octobre 2026)
- Code civil, article 1112-1 (devoir d'information) – en vigueur depuis le 1er octobre 2016 (Légifrance) (consulté le 12 octobre 2026)
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