En bref
La vente à réméré, ou vente avec faculté de rachat, permet au vendeur de reprendre son logement en remboursant à l’acheteur le prix et certains frais (code civil, art. 1659 et 1673). Ce droit ne peut pas dépasser 5 ans : un délai plus long est ramené à 5 ans (art. 1660), et le juge ne peut pas le prolonger (art. 1661). Passé ce délai sans rachat, l’acheteur devient propriétaire irrévocable (art. 1662). Le vendeur doit donc être sûr de pouvoir réunir la somme à temps.
Le principe : vendre en se réservant le droit de racheter
Le code civil définit la faculté de rachat comme un pacte par lequel le vendeur se réserve de reprendre la chose vendue, moyennant la restitution du prix principal et les remboursements prévus à l’article 1673 (art. 1659). C’est une vraie vente : l’acheteur devient propriétaire dès la signature, mais sa propriété reste menacée tant que le vendeur peut exercer son droit.
Le vendeur obtient ainsi immédiatement le prix de son logement, tout en gardant une porte de sortie. L’acheteur, lui, acquiert un bien qu’il risque de devoir restituer pendant toute la durée du pacte.
Une durée de 5 ans au plus, sans prolongation
Trois articles encadrent strictement le temps du rachat :
| Règle | Texte |
|---|---|
| « La faculté de rachat ne peut être stipulée pour un terme excédant cinq années. Si elle a été stipulée pour un terme plus long, elle est réduite à ce terme. » | Art. 1660 |
| « Le terme fixé est de rigueur et ne peut être prolongé par le juge. » | Art. 1661 |
| « Faute par le vendeur d’avoir exercé son action en rachat dans le terme prescrit, l’acquéreur demeure propriétaire irrévocable. » | Art. 1662 |
Les parties peuvent choisir une durée plus courte, mais jamais plus longue que 5 ans. Le délai court contre toute personne, y compris les mineurs, sauf recours contre qui de droit (art. 1663). Aucune difficulté personnelle ou financière ne permet d’obtenir un délai supplémentaire du juge.
Le prix de rachat
Le vendeur qui rachète ne rembourse pas seulement le prix de vente. Selon l’article 1673, il doit rembourser :
- le prix principal ;
- les frais et loyaux coûts de la vente ;
- les réparations nécessaires ;
- les réparations qui ont augmenté la valeur du bien, jusqu’à concurrence de cette augmentation.
Il ne peut entrer en possession qu’après avoir satisfait à toutes ces obligations (art. 1673). Le rachat coûte donc plus que le prix encaissé : le vendeur doit prévoir, en plus du prix, les frais de la vente initiale et les travaux utiles réalisés par l’acheteur.
Ce que le vendeur récupère. Lorsqu’il reprend son bien, le vendeur le retrouve libre des charges et hypothèques que l’acheteur aurait consenties, à condition que le pacte de rachat ait été publié au fichier immobilier avant ces charges. Il doit en revanche respecter les baux conclus sans fraude par l’acheteur (art. 1673).
Les risques pour le vendeur et pour l’acheteur
Pour le vendeur, le risque principal est la perte définitive du logement. S’il ne réunit pas la somme dans le délai, l’acheteur reste propriétaire (art. 1662), et le juge ne peut pas l’aider (art. 1661). Si le prix encaissé était très inférieur à la valeur du bien, le vendeur peut demander la rescision s’il a été « lésé de plus de sept douzièmes » dans le prix (art. 1674), c’est-à-dire s’il a reçu moins des cinq douzièmes de la valeur. Mais cette demande doit être faite dans les 2 ans à compter de la vente, et ce délai « court et n’est pas suspendu pendant la durée du temps stipulé pour le pacte du rachat » (art. 1676). Autrement dit, le vendeur ne peut pas attendre la fin des 5 ans pour se plaindre du prix.
Pour l’acheteur, le risque est de devoir restituer le bien. S’il le revend pendant le délai, le vendeur peut exercer son action contre le second acquéreur, même si la faculté de rachat n’a pas été déclarée dans le second contrat (art. 1664). Celui qui achète à son tour un bien vendu à réméré a donc intérêt à vérifier si le délai de rachat est expiré.
Plusieurs vendeurs ou héritiers. Quand un bien a été vendu conjointement par plusieurs personnes, chacune ne peut exercer le rachat que pour sa part (art. 1668) ; de même pour les héritiers d’un vendeur unique (art. 1669). L’acheteur peut alors exiger que tous soient mis en cause pour convenir du rachat de la totalité (art. 1670).
Fiscalité de base
À la vente. La vente à réméré est une cession d’un bien immobilier : elle entre dans le régime des plus-values immobilières, avec l’exonération de la résidence principale si le logement l’est au jour de la cession (service-public.gouv.fr). L’imposition est établie pour l’année de la vente.
Au rachat hors délai. Les retraits exercés après l’expiration des délais convenus dans les ventes d’immeubles sous faculté de rachat sont assujettis à l’impôt aux taux prévus par le code (code général des impôts, art. 688). Hors délai, le vendeur n’a de toute façon plus aucun droit au rachat (code civil, art. 1662) : un tel retour du bien suppose l’accord de l’acheteur.
FAQ
Quelle est la durée maximale d’une vente à réméré ?
5 ans. Une durée plus longue est réduite à 5 ans (code civil, art. 1660).
Le juge peut-il accorder un délai supplémentaire pour racheter ?
Non : « Le terme fixé est de rigueur et ne peut être prolongé par le juge » (art. 1661).
Combien faut-il payer pour racheter son bien ?
Le prix principal, les frais et loyaux coûts de la vente, les réparations nécessaires et les améliorations à hauteur de la plus-value qu’elles ont apportée (art. 1673).
Que se passe-t-il si le vendeur ne rachète pas à temps ?
L’acheteur devient propriétaire irrévocable (art. 1662). Le vendeur perd tout droit sur le logement.
L’acheteur peut-il revendre le bien pendant le délai de rachat ?
Il le peut, mais le vendeur garde son action contre le nouvel acquéreur, même si le second contrat ne mentionne pas le pacte (art. 1664).
Quel professionnel consulter
Le notaire reçoit l’acte de vente, rédige la clause de faculté de rachat et la publie au fichier immobilier, condition pour que le vendeur récupère un bien libre des hypothèques consenties entre-temps (art. 1673). L’agent immobilier aide à estimer la valeur réelle du logement : c’est la référence pour juger si le prix proposé est équilibré.
Trouver un professionnel
Un seul professionnel par métier et par secteur, sélectionné et noté sur 100 points à partir de données publiques, titre vérifiable. Le métier, son registre officiel et les professionnels retenus :
Le notaire retenu dans les grandes villes
| Ville | Professionnel | Secteur | Score /100 | Statut |
|---|---|---|---|---|
| Paris | Dextera Notaires | Paris, 7e arrondissement | 91 | Retenu |
| Marseille | 1391 Notaires | Marseille, 8e arrondissement | 85 | Retenu |
| Lyon | Archers Notaires | Lyon, 2e arrondissement | 92 | Retenu |
| Montpellier | Lexnot | Montpellier | 93 | Retenu |
| Bordeaux | 1645 Notaires | Bordeaux | 90 | Retenu |
| Lille | Notaires Lille Royale | Lille | 70 | Retenu |
| Rennes | Notaires des Lices | Rennes | 87 | Retenu |
| Dijon | Legatis Dijon-Genlis | Dijon | 86 | Retenu |
| Brest | Quid Novi Brest Notaires & Conseils | Brest | 86 | Retenu |
| Cannes | 1795 | Cannes | 70 | Retenu |
Les 10 villes qui comptent le plus de ventes (DVF 2025) et où un notaire est retenu ; dans une ville à plusieurs secteurs, la fiche au meilleur score. « Vérifié » : titre lu au registre par Payotte ; « Retenu » : titre déclaré, vérifiable sur la fiche.
Dans le même thème : Vendre
Sources
- Code civil, articles 1659 à 1673 – De la faculté de rachat (Légifrance) (consulté le 12 octobre 2026)
- Code civil, article 1659 (définition) – en vigueur depuis le 14 mai 2009 (Légifrance) (consulté le 12 octobre 2026)
- Code civil, article 1660 (5 ans maximum) – en vigueur depuis le 21 mars 1804 (Légifrance) (consulté le 12 octobre 2026)
- Code civil, article 1661 (délai de rigueur) – en vigueur depuis le 21 mars 1804 (Légifrance) (consulté le 12 octobre 2026)
- Code civil, article 1662 (acquéreur propriétaire irrévocable) – en vigueur depuis le 14 mai 2009 (Légifrance) (consulté le 12 octobre 2026)
- Code civil, article 1664 (action contre un second acquéreur) – en vigueur depuis le 14 mai 2009 (Légifrance) (consulté le 12 octobre 2026)
- Code civil, article 1673 (sommes à rembourser, charges et baux) – en vigueur depuis le 1er janvier 2013 (Légifrance) (consulté le 12 octobre 2026)
- Code civil, article 1674 (rescision pour lésion) – en vigueur depuis le 21 mars 1804 (Légifrance) (consulté le 12 octobre 2026)
- Code civil, article 1676 (délai de 2 ans) – en vigueur depuis le 6 août 2018 (Légifrance) (consulté le 12 octobre 2026)
- Code général des impôts, article 688 (retraits hors délai) – en vigueur depuis le 14 mai 2009 (Légifrance) (consulté le 12 octobre 2026)
- Impôt sur le revenu – Plus-value immobilière (service-public.gouv.fr, vérifié le 15 avril 2026) (consulté le 12 octobre 2026)
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