En bref
La mérule est un champignon qui détruit le bois des maisons humides et mal aérées (ministère de la Transition écologique, page mise à jour le 10 avril 2026). Lorsque des foyers sont identifiés dans une ou plusieurs communes, un arrêté préfectoral, consultable en préfecture, délimite les zones de présence d’un risque de mérule (CCH, art. L131-3). Dans ces zones, la vente de tout ou partie d’un immeuble bâti s’accompagne d’une information sur la présence d’un risque de mérule, intégrée au dossier de diagnostic technique joint à la promesse ou, à défaut, à l’acte de vente (art. L126-25 et L271-4). Partout en France, l’occupant qui apprend la présence de mérule doit la déclarer en mairie ; à défaut d’occupant, c’est le propriétaire, et pour les parties communes d’une copropriété, le syndicat des copropriétaires (art. L126-5).
Qu’est-ce que la mérule ?
La mérule s’attaque aux bois, charpentes et boiseries. Elle se niche le plus souvent derrière un doublage, ce qui explique sa détection tardive (ministère de la Transition écologique). Son développement est généralement causé par l’humidité :
- un mauvais entretien du bâtiment ;
- des dégâts des eaux ;
- des erreurs de conception lors de réhabilitations : enduits étanches, ventilations obstruées, portes insuffisamment détalonnées, non-respect de l’équilibre d’origine de la construction.
Ses spores sont présentes sur tout le territoire : seules de bonnes conditions d’hygrométrie et de température garantissent l’absence de développement. Le ministère précise qu’il n’y a pas, pour la mérule, de risque d’infestation comme pour les termites, mais un risque de développement de proche en proche à partir d’un premier foyer. D’où un enjeu de déclaration surtout local. Un guide public, « Prévention et lutte contre les mérules dans l’habitat », est proposé en téléchargement par le ministère.
Les zones délimitées par arrêté préfectoral
Le dispositif d’information a été créé par la loi Alur du 24 mars 2014, sur le modèle de celui des termites. Il fonctionne à deux niveaux : les mairies sont informées de la présence de mérule par les occupants, et l’acquéreur est informé avant l’achat (ministère de la Transition écologique).
| Étape | Règle |
|---|---|
| Foyers identifiés | Arrêté préfectoral pris sur proposition ou après consultation des conseils municipaux intéressés (CCH, art. L131-3) |
| Contenu | Délimitation des zones de présence d’un risque de mérule |
| Consultation | En préfecture (art. L131-3) ; site internet de la préfecture (service-public.gouv.fr) |
| Carte nationale | Tenue par le Cerema, mise à jour à chaque nouvel arrêté |
La consultation des conseils municipaux permet de tenir compte des déclarations faites en mairie (ministère de la Transition écologique). La carte du Cerema permet de savoir si une commune ou un département est sous arrêté en zoomant sur le département ; elle couvre le territoire hexagonal.
Vente : l’information de l’acquéreur
Le principe. En cas de vente de tout ou partie d’un immeuble bâti situé dans une zone délimitée par arrêté, une information sur la présence d’un risque de mérule est produite (CCH, art. L126-25). Elle fait partie du dossier de diagnostic technique (DDT) fourni par le vendeur (art. L271-4, I, 9°), annexé à la promesse de vente ou, à défaut, à l’acte authentique. Service-public.gouv.fr le résume ainsi : la promesse ou l’acte doit indiquer s’il y a un risque de mérule dans la construction.
Ce qui la distingue des autres diagnostics. L’article L271-4 énumère les documents dont l’absence, à la signature, empêche le vendeur de s’exonérer de la garantie des vices cachés (plomb, amiante, termites, gaz, électricité, assainissement) : l’information mérule n’en fait pas partie. Elle ne figure pas non plus parmi les documents dont l’absence ouvre la résolution de la vente. Aucune durée de validité ne lui est fixée par les textes consultés. Pour un défaut découvert après l’achat, les règles générales s’appliquent : voir notre guide sur les vices cachés.
Hors zone. L’obligation d’information ne vise que les zones délimitées par arrêté. Le risque n’est pas nul ailleurs pour autant, puisque les spores sont présentes sur tout le territoire (ministère de la Transition écologique). La liste complète du dossier figure dans notre guide des diagnostics obligatoires.
La déclaration en mairie
Dès qu’il a connaissance de la présence de mérule dans un immeuble bâti, l’occupant en fait la déclaration en mairie (CCH, art. L126-5) :
- à défaut d’occupant, la déclaration incombe au propriétaire ;
- pour les parties communes d’un immeuble en copropriété, elle incombe au syndicat des copropriétaires.
L’article L126-5 ne limite pas cette obligation aux zones délimitées. Les déclarations faites en mairie sont ensuite prises en compte lors de la consultation des conseils municipaux qui précède un arrêté préfectoral (ministère de la Transition écologique).
Mérule et termites : ce qui diffère
| Mérule | Termites | |
|---|---|---|
| Nature | Champignon lignivore | Insectes xylophages |
| Zonage | Zones de présence d’un risque, par arrêté préfectoral | Zones contaminées ou susceptibles de l’être à court terme, par arrêté préfectoral |
| Document de vente | Information sur la présence d’un risque (L271-4, 9°) | État relatif à la présence de termites, valable 6 mois |
| Absence à la signature | Non citée parmi les cas qui privent de l’exonération des vices cachés | Le vendeur ne peut pas s’exonérer des vices cachés |
| Défaut de déclaration en mairie | Aucune amende spécifique dans l’article R184-8 | Contravention de 3e classe (art. R184-8) |
Sources : CCH, art. L131-3, L271-4 et R184-8 ; ministère de la Transition écologique. Le diagnostic termites est détaillé dans notre guide amiante, plomb, termites.
FAQ
Comment savoir si une commune est en zone à risque de mérule ?
Consultez le site internet de la préfecture ou contactez-la (service-public.gouv.fr) ; le Cerema publie aussi une carte nationale des arrêtés, mise à jour à chaque nouvel arrêté.
Le vendeur doit-il faire un diagnostic mérule ?
Dans une zone délimitée par arrêté, il fournit une information sur la présence d’un risque de mérule, intégrée au dossier de diagnostic technique (CCH, art. L126-25 et L271-4).
Qui doit déclarer la mérule en mairie ?
L’occupant ; à défaut, le propriétaire ; pour les parties communes d’une copropriété, le syndicat des copropriétaires (CCH, art. L126-5).
La déclaration vaut-elle seulement dans les zones à risque ?
Non. L’article L126-5 ne la limite pas aux zones délimitées : elle s’impose dès que l’occupant a connaissance de la présence de mérule.
Pourquoi la mérule apparaît-elle ?
Principalement à cause de l’humidité : mauvais entretien, dégâts des eaux ou réhabilitation mal conçue, avec des ventilations obstruées par exemple (ministère de la Transition écologique).
Quel professionnel consulter
Le diagnostiqueur constitue le dossier de diagnostic technique, qui comprend l’information mérule dans les zones concernées. Le notaire vérifie que cette information est jointe à la promesse ou à l’acte. L’agent immobilier peut vérifier, dès la mise en vente, si la commune est couverte par un arrêté préfectoral.
Trouver un professionnel
Un seul professionnel par métier et par secteur, sélectionné et noté sur 100 points à partir de données publiques, titre vérifiable. Le métier, son registre officiel et les professionnels retenus :
Le diagnostiqueur immobilier retenu dans les grandes villes
| Ville | Professionnel | Secteur | Score /100 | Statut |
|---|---|---|---|---|
| Paris | Expertise & Diagnostic | Paris, 15e arrondissement | 79 | Retenu |
| Marseille | ADK Diag 13 | Marseille, 1er arrondissement | 87 | Retenu |
| Toulouse | MCP Diagnostic & Ingénierie | Toulouse | 90 | Retenu |
| Nice | NiceDiagnostic | Nice | 74 | Retenu |
| Lyon | Qualitech Expertises Immobilières | Lyon, 3e arrondissement | 82 | Retenu |
| Montpellier | DIMO Diagnostic | Montpellier | 82 | Retenu |
| Bordeaux | Aquitaine Diagnostic Immobilier | Bordeaux | 74 | Retenu |
| Lille | JBM Expertise | Lille | 78 | Retenu |
| Rennes | SHD Diagnostics | Rennes | 70 | Retenu |
| Toulon | DIADEX | Toulon | 81 | Retenu |
Les 10 villes qui comptent le plus de ventes (DVF 2025) et où un diagnostiqueur immobilier est retenu ; dans une ville à plusieurs secteurs, la fiche au meilleur score. « Vérifié » : titre lu au registre par Payotte ; « Retenu » : titre déclaré, vérifiable sur la fiche.
Dans le même thème : Risques et territoire
Sources
- Ministère de la Transition écologique — Termites, insectes xylophages et champignons lignivores (mis à jour le 10 avril 2026) (consulté le 12 octobre 2026)
- Service-public.gouv.fr — Quels sont les diagnostics immobiliers à fournir en cas de vente d'un logement ? (vérifié le 7 mars 2025) (consulté le 12 octobre 2026)
- Cerema — Cartographie nationale des termites et des mérules (consulté le 12 octobre 2026)
- Légifrance — Code de la construction et de l'habitation, article L131-3 (arrêtés préfectoraux termites et mérule) (consulté le 12 octobre 2026)
- Légifrance — Code de la construction et de l'habitation, article L126-5 (déclaration en mairie) (consulté le 12 octobre 2026)
- Légifrance — Code de la construction et de l'habitation, article L126-25 (information en cas de vente) (consulté le 12 octobre 2026)
- Légifrance — Code de la construction et de l'habitation, article L271-4 (dossier de diagnostic technique, version en vigueur depuis le 11 avril 2024) (consulté le 12 octobre 2026)
- Légifrance — Code de la construction et de l'habitation, article R184-8 (sanctions, termites) (consulté le 12 octobre 2026)
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