Guide · Acheter

Vices cachés immobilier : délai de 2 ans et clause

Vices cachés à l'achat d'un logement : 2 ans après la découverte (art. 1648), clause de non-garantie valable entre particuliers, pas pour un pro.

En bref

Le vendeur d’un logement doit sa garantie pour les défauts cachés qui rendent le bien impropre à l’usage prévu, ou qui en diminuent tellement l’usage que l’acheteur ne l’aurait pas acheté ou l’aurait payé moins cher (Code civil, art. 1641). L’acheteur agit dans un délai de 2 ans à compter de la découverte du vice (art. 1648). Il choisit entre rendre le bien et récupérer le prix ou le garder et obtenir une baisse du prix (art. 1644). La clause de non-garantie courante dans les actes de vente protège le vendeur particulier qui ignorait le vice (art. 1643 ; Cour de cassation, 21 novembre 2019, n° 18-19.084). Elle ne protège pas le vendeur qui connaissait le vice, ni, selon la jurisprudence, le vendeur professionnel, présumé connaître les vices.

Qu’est-ce qu’un vice caché dans un logement ?

Trois conditions découlent des articles 1641 et 1642 du Code civil (Légifrance) :

  • un défaut caché : le vendeur « n’est pas tenu des vices apparents et dont l’acheteur a pu se convaincre lui-même » (art. 1642) ;
  • un défaut grave : il rend le logement impropre à son usage ou en diminue fortement l’usage (art. 1641) ;
  • un défaut antérieur à la vente, puisqu’il doit affecter « la chose vendue ».

L’arrêt de la Cour de cassation du 21 novembre 2019 illustre ces critères : l’expertise avait relevé un mur de façade incliné, des pannes de charpente attaquées par des capricornes et une solive pourrie, masqués par un plafond et des contre-cloisons et découverts seulement lors de travaux de démolition. La cour d’appel avait jugé que les diagnostics annexés à la vente montraient l’ancienneté des lieux sans permettre d’apprécier la gravité de la situation (arrêt publié sur courdecassation.fr).

Le délai : 2 ans à compter de la découverte

« L’action résultant des vices rédhibitoires doit être intentée par l’acquéreur dans un délai de deux ans à compter de la découverte du vice » (art. 1648, al. 1). Le point de départ est la découverte, pas la signature : un vice révélé lors de travaux trois ans après l’achat ouvre un délai de 2 ans à partir de ce jour-là.

Vente d’immeuble à construire (VEFA). Pour les vices apparents d’un logement vendu sur plan, l’action doit être introduite, à peine de forclusion, dans l’année qui suit la date à laquelle le vendeur peut en être déchargé (art. 1648, al. 2, renvoyant à l’art. 1642-1).

Gardez les preuves de la date de découverte : constat, devis, rapport d’expertise, échanges écrits.

Ce que l’acheteur peut obtenir

Situation du vendeurCe que l’acheteur peut demander
Vendeur qui ignorait le viceRendre le bien et récupérer le prix, ou garder le bien et récupérer une partie du prix (art. 1644), plus les frais occasionnés par la vente (art. 1646)
Vendeur qui connaissait le viceLa même option, et en plus « tous les dommages et intérêts envers l’acheteur » (art. 1645)

Source : Code civil, articles 1644 à 1646 (Légifrance). La garantie ne joue pas dans les ventes faites par autorité de justice (art. 1649).

La clause de non-garantie et le vendeur professionnel

Entre particuliers, la clause est valable. Le vendeur est tenu des vices cachés « quand même il ne les aurait pas connus, à moins que, dans ce cas, il n’ait stipulé qu’il ne sera obligé à aucune garantie » (art. 1643). Dans l’arrêt du 21 novembre 2019, la Cour de cassation a cassé une décision qui avait prononcé la résolution d’une vente alors qu’une clause de non-garantie figurait à l’acte et que les vendeurs étaient des vendeurs profanes (n° 18-19.084).

Elle tombe si le vendeur savait. L’article 1643 ne couvre que le vice ignoré. Prouver que le vendeur le connaissait (travaux de dissimulation, sinistres antérieurs, témoignages) ouvre de nouveau l’action, avec dommages et intérêts (art. 1645).

Le vendeur professionnel ne peut pas s’en prévaloir. Dans la même affaire, la cour d’appel rappelait que « le vendeur professionnel est présumé connaître les vices de la chose vendue » et que cette présomption est irréfragable ; elle a jugé que l’acquéreur, privé de recours contre les vendeurs profanes par la clause, pouvait agir contre l’intervenant qualifié de « vendeur professionnel » dans l’acte. La Cour de cassation a maintenu la condamnation de ce dernier à des dommages-intérêts (arrêt publié sur courdecassation.fr).

Diagnostics manquants. Si le vendeur ne fournit pas l’état d’amiante ou le diagnostic électricité, il ne peut pas s’exonérer de la garantie des vices cachés (service-public.gouv.fr, fiches F742 et F18692).

Vices cachés ou garantie décennale ?

Pour un logement construit ou fortement rénové moins de 10 ans avant la vente, les dommages graves (solidité, impropriété à la destination) relèvent d’abord de la garantie décennale des constructeurs, qui suit le bien chez les propriétaires successifs ; l’acte de vente doit mentionner l’existence ou l’absence des assurances obligatoires (service-public.gouv.fr, fiche F2034). Voir notre guide garantie décennale et dommages-ouvrage.

FAQ

Combien de temps ai-je pour agir après l’achat d’une maison ?

2 ans à compter de la découverte du vice (Code civil, art. 1648). Le délai ne part pas de la date de la vente.

Mon acte contient une clause « en l’état » : ai-je perdu tout recours ?

Non si le vendeur connaissait le vice ou s’il est un professionnel. Contre un vendeur particulier qui l’ignorait, la clause est valable (art. 1643 ; Cass. 3e civ., 21 novembre 2019, n° 18-19.084).

Une fissure visible lors de la visite est-elle un vice caché ?

En principe non : le vendeur n’est pas tenu des vices apparents dont l’acheteur a pu se convaincre lui-même (art. 1642). Tout dépend de ce qu’un acheteur non spécialiste pouvait voir et comprendre.

Puis-je garder la maison et demander une baisse du prix ?

Oui. L’acheteur choisit entre rendre le bien contre restitution du prix et garder le bien en obtenant le remboursement d’une partie du prix (art. 1644).

Le vendeur n’a pas fourni le diagnostic amiante : que change cette absence ?

Il ne peut pas s’exonérer de la garantie des vices cachés par une clause de l’acte (service-public.gouv.fr, fiche F742).

Quel professionnel consulter

Avant de signer, le notaire vérifie la rédaction de la clause de non-garantie, la qualité du vendeur et les attestations d’assurance construction. Un diagnostiqueur certifié établit le dossier de diagnostic technique, dont l’absence prive le vendeur de la clause pour l’amiante et l’électricité. Si un vice apparaît après l’achat, l’agent immobilier qui a mené la vente peut vous transmettre les échanges et documents remis par le vendeur.

Trouver un professionnel

Un seul professionnel par métier et par secteur, sélectionné et noté sur 100 points à partir de données publiques, titre vérifiable. Le métier, son registre officiel et les professionnels retenus :

Le notaire retenu dans les grandes villes

VilleProfessionnelSecteurScore /100Statut
ParisDextera NotairesParis, 7e arrondissement91Retenu
Marseille1391 NotairesMarseille, 8e arrondissement85Retenu
LyonArchers NotairesLyon, 2e arrondissement92Retenu
MontpellierLexnotMontpellier93Retenu
Bordeaux1645 NotairesBordeaux90Retenu
LilleNotaires Lille RoyaleLille70Retenu
RennesNotaires des LicesRennes87Retenu
DijonLegatis Dijon-GenlisDijon86Retenu
BrestQuid Novi Brest Notaires & ConseilsBrest86Retenu
Cannes1795Cannes70Retenu

Les 10 villes qui comptent le plus de ventes (DVF 2025) et où un notaire est retenu ; dans une ville à plusieurs secteurs, la fiche au meilleur score. « Vérifié » : titre lu au registre par Payotte ; « Retenu » : titre déclaré, vérifiable sur la fiche.

Dans le même thème : Acheter

Sources

Tous les guides · Les professionnels retenus, ville par ville