En bref
Deux personnes qui achètent ensemble sans être mariées deviennent propriétaires indivis : chacun détient une quote-part, et nul ne peut être contraint de rester dans l’indivision (code civil, art. 815). Pour un couple pacsé depuis 2007 sans option particulière, la part de chacun est celle indiquée dans l’acte d’achat ; si rien n’est indiqué, c’est moitié-moitié (service-public.gouv.fr). Des époux mariés sans contrat relèvent de la communauté : le bien acheté pendant le mariage est commun (art. 1400 et 1401). Enfin, une clause de tontine fait du survivant le seul propriétaire, mais le fisc la traite comme une transmission gratuite, sauf pour une résidence principale commune de moins de 76 000 € (CGI, art. 754 A).
Concubins : l’indivision et les quotes-parts
Sans mariage ni Pacs, l’achat en commun crée une indivision. Le point décisif est la répartition écrite dans l’acte de vente : elle fixe ce que chacun récupère en cas de revente ou de séparation. Une indivision n’est jamais un piège définitif : le partage « peut toujours être provoqué, à moins qu’il n’y ait été sursis par jugement ou convention » (art. 815). Les règles de gestion à deux (majorité des 2/3, droit de préemption sur la part de l’autre) sont détaillées dans notre guide de l’indivision.
Le risque propre aux concubins est le décès. Service-public.gouv.fr est explicite : le partenaire de Pacs et le concubin n’ont aucun droit sur la succession du défunt en l’absence de testament. Et même avec un testament, un legs entre personnes non parentes est taxé à 60 % (CGI, art. 777, tableau III), alors que le conjoint et le partenaire pacsé sont exonérés de droits de succession (CGI, art. 796-0 bis).
Partenaires de Pacs : séparation par défaut, indivision sur option
Depuis le 1er janvier 2007, le régime par défaut du Pacs est la séparation des patrimoines : chaque partenaire conserve « l’administration, la jouissance et la libre disposition de ses biens personnels » (code civil, art. 515-5). Pour un logement acheté ensemble, service-public.gouv.fr précise que la part de chacun dépend de l’acte d’achat ; à défaut d’indication, vous êtes propriétaires chacun pour moitié. Si vous avez financé plus de la moitié, vous pouvez saisir le tribunal judiciaire pour obtenir une indemnité ; l’avocat est obligatoire au-delà de 10 000 € de demande.
Les partenaires peuvent aussi opter, dans la convention de Pacs ou une convention modificative, pour le régime de l’indivision. Les biens acquis ensuite, ensemble ou séparément, sont alors « réputés indivis par moitié, sans recours de l’un des partenaires contre l’autre au titre d’une contribution inégale » (art. 515-5-1). Autrement dit, celui qui a payé plus renonce à le récupérer. Service-public.gouv.fr range aussi sous l’indivision les Pacs conclus avant le 1er janvier 2007 et jamais modifiés depuis.
Époux : tout dépend du régime matrimonial
Sans contrat de mariage, les époux sont soumis à la communauté, qui « s’établit à défaut de contrat » (art. 1400). Elle comprend les acquêts faits ensemble ou séparément pendant le mariage, financés par leurs revenus (art. 1401). Tout bien est présumé commun, sauf preuve qu’il est propre à l’un des époux (art. 1402) : un bien hérité ou acheté avec des fonds propres doit être documenté, en pratique par une déclaration dans l’acte.
En séparation de biens, chaque époux conserve la libre disposition de ses biens personnels (art. 1536). Un bien acheté à deux est en indivision selon les parts prévues ; un bien dont aucun époux ne peut prouver la propriété exclusive est réputé indivis pour moitié (art. 1538).
| Situation | Bien acheté à deux | Base |
|---|---|---|
| Concubins | Indivision selon l’acte | C. civ., art. 815 |
| Pacs, régime par défaut | Parts de l’acte, à défaut 50/50 | Art. 515-5 ; service-public.gouv.fr |
| Pacs, option indivision | 50/50 sans recours pour contribution inégale | Art. 515-5-1 |
| Époux sans contrat | Bien commun | Art. 1400 et 1401 |
| Époux séparés de biens | Indivision, à défaut de preuve 50/50 | Art. 1536 et 1538 |
La tontine ou clause d’accroissement
La tontine est une clause de l’acte d’achat par laquelle la part du premier décédé revient au survivant, « de telle sorte que le dernier vivant sera considéré comme seul propriétaire de la totalité des biens » (CGI, art. 754 A). Elle protège donc le survivant sans testament, ce qui intéresse surtout les concubins.
Le fisc ne s’y trompe pas : ces biens sont « réputés transmis à titre gratuit » au bénéficiaire, donc taxés comme une succession. Exception : l’habitation principale commune à deux acquéreurs dont la valeur globale est inférieure à 76 000 € échappe à cette règle, sauf option du bénéficiaire pour les droits de succession (art. 754 A). Au-delà de ce seuil, un concubin survivant relève du barème entre non-parents de l’article 777. Les effets civils de la clause (impossibilité de vendre sa part seul, de demander le partage) se discutent avec le notaire avant la signature.
FAQ
Peut-on acheter à 70/30 quand on n’est pas marié ?
Oui. En indivision, les quotes-parts sont celles inscrites dans l’acte d’achat. Pour des pacsés en régime par défaut, l’acte fait aussi foi ; à défaut de mention, c’est 50/50 (service-public.gouv.fr).
Mon partenaire de Pacs hérite-t-il de ma part du logement ?
Pas sans testament : le partenaire de Pacs n’a aucun droit légal sur la succession (service-public.gouv.fr). En revanche, s’il hérite par testament, il est exonéré de droits de succession (CGI, art. 796-0 bis).
Un bien acheté par un seul époux marié sans contrat lui appartient-il ?
Non, en principe : les acquêts faits « ensemble ou séparément » pendant le mariage entrent dans la communauté (art. 1401), sauf preuve qu’il s’agit d’un bien propre (art. 1402).
La tontine évite-t-elle les droits de succession ?
Non, sauf pour une résidence principale commune d’une valeur globale inférieure à 76 000 €. Au-dessus, la part recueillie est taxée comme une transmission à titre gratuit (CGI, art. 754 A).
Que se passe-t-il si l’un de nous veut vendre après une séparation ?
En indivision, chacun peut demander le partage à tout moment (art. 815). La vente du bien entier suppose en principe l’accord des deux ; les mécanismes de sortie sont détaillés dans notre guide de l’indivision.
Quel professionnel consulter
Le notaire rédige l’acte d’achat : c’est lui qui inscrit les quotes-parts, une éventuelle clause de tontine et, pour des époux, l’origine propre des fonds. Le courtier en crédit monte le financement commun et la répartition de l’assurance emprunteur. L’agent immobilier estime le bien, une donnée utile pour vérifier le seuil de 76 000 € de la tontine ou chiffrer une sortie d’indivision.
Trouver un professionnel
Un seul professionnel par métier et par secteur, sélectionné et noté sur 100 points à partir de données publiques, titre vérifiable. Le métier, son registre officiel et les professionnels retenus :
Le notaire retenu dans les grandes villes
| Ville | Professionnel | Secteur | Score /100 | Statut |
|---|---|---|---|---|
| Paris | Dextera Notaires | Paris, 7e arrondissement | 91 | Retenu |
| Marseille | 1391 Notaires | Marseille, 8e arrondissement | 85 | Retenu |
| Lyon | Archers Notaires | Lyon, 2e arrondissement | 92 | Retenu |
| Montpellier | Lexnot | Montpellier | 93 | Retenu |
| Bordeaux | 1645 Notaires | Bordeaux | 90 | Retenu |
| Lille | Notaires Lille Royale | Lille | 70 | Retenu |
| Rennes | Notaires des Lices | Rennes | 87 | Retenu |
| Dijon | Legatis Dijon-Genlis | Dijon | 86 | Retenu |
| Brest | Quid Novi Brest Notaires & Conseils | Brest | 86 | Retenu |
| Cannes | 1795 | Cannes | 70 | Retenu |
Les 10 villes qui comptent le plus de ventes (DVF 2025) et où un notaire est retenu ; dans une ville à plusieurs secteurs, la fiche au meilleur score. « Vérifié » : titre lu au registre par Payotte ; « Retenu » : titre déclaré, vérifiable sur la fiche.
Dans le même thème : Acheter
Sources
- Effets d'un Pacs (service-public.gouv.fr, vérifié le 27 janvier 2026) (consulté le 11 octobre 2026)
- Règles en matière d'héritage : défunt ayant eu des enfants (service-public.gouv.fr, vérifié le 5 octobre 2026) (consulté le 11 octobre 2026)
- Code civil, article 815 – en vigueur depuis le 1er janvier 2007 (Légifrance) (consulté le 11 octobre 2026)
- Code civil, article 515-5 – en vigueur depuis le 26 novembre 2009 (Légifrance) (consulté le 11 octobre 2026)
- Code civil, article 515-5-1 – en vigueur depuis le 1er janvier 2009 (Légifrance) (consulté le 11 octobre 2026)
- Code civil, article 1400 – en vigueur depuis le 1er février 1966 (Légifrance) (consulté le 11 octobre 2026)
- Code civil, article 1401 – en vigueur depuis le 1er juillet 1986 (Légifrance) (consulté le 11 octobre 2026)
- Code civil, article 1402 – en vigueur depuis le 1er février 1966 (Légifrance) (consulté le 11 octobre 2026)
- Code civil, article 1536 – en vigueur depuis le 1er février 1966 (Légifrance) (consulté le 11 octobre 2026)
- Code civil, article 1538 – en vigueur depuis le 1er février 1966 (Légifrance) (consulté le 11 octobre 2026)
- Code général des impôts, article 754 A – en vigueur depuis le 1er janvier 2010 (Légifrance) (consulté le 11 octobre 2026)
- Code général des impôts, article 777 – en vigueur depuis le 30 décembre 2014 (Légifrance) (consulté le 11 octobre 2026)
- Code général des impôts, article 796-0 bis – en vigueur depuis le 22 août 2007 (Légifrance) (consulté le 11 octobre 2026)
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