En bref
Dans une indivision, les actes de gestion se décident à la majorité des 2/3 des droits indivis, mais la vente d’un bien exige en principe l’unanimité (code civil, art. 815-3). Les indivisaires détenant au moins 2/3 des droits peuvent toutefois faire autoriser la vente par le tribunal judiciaire (art. 815-5-1). Chacun peut sortir à tout moment : « nul ne peut être contraint à demeurer dans l’indivision » (art. 815), et s’il vend sa part à un tiers, les autres disposent d’un mois pour la racheter en priorité (art. 815-14).
Qu’est-ce que l’indivision ?
L’indivision existe lorsque plusieurs personnes ont des droits de même nature sur un même bien, sans division matérielle des parts. Chacun, appelé indivisaire, détient une quote-part ; il a droit aux bénéfices et supporte les pertes en proportion de ses droits (service-public.gouv.fr). C’est la situation des héritiers avant le partage d’une succession, mais aussi celle de concubins ou de partenaires qui achètent ensemble.
Chaque indivisaire peut user du bien « conformément à [sa] destination », dans la mesure compatible avec le droit des autres. Celui qui en jouit seul doit, sauf convention contraire, une indemnité aux autres (art. 815-9). Les fruits et revenus, comme les loyers, reviennent à l’indivision ; aucune réclamation n’est recevable plus de cinq ans après la date où ils ont été perçus ou auraient pu l’être (art. 815-10). L’indivisaire qui a amélioré le bien à ses frais, ou payé de ses deniers des dépenses nécessaires à sa conservation, doit être indemnisé au partage (art. 815-13).
Qui décide quoi : unanimité ou majorité des 2/3
| Décision | Règle |
|---|---|
| Mesure nécessaire à la conservation du bien | Un indivisaire seul |
| Actes d’administration, mandat général d’administration | Majorité des 2/3 des droits |
| Vente de meubles indivis pour payer les dettes de l’indivision | Majorité des 2/3 des droits |
| Conclusion et renouvellement des baux (hors baux agricoles, commerciaux, industriels ou artisanaux) | Majorité des 2/3 des droits |
| Vente d’un immeuble, donation, autre acte de disposition | Unanimité |
Sources : code civil, art. 815-3 ; service-public.gouv.fr. Les indivisaires majoritaires doivent informer les autres des décisions prises, faute de quoi elles leur sont inopposables (art. 815-3).
Attention, ce sont des droits et non des têtes. Service-public.gouv.fr donne l’exemple de quatre indivisaires : à parts égales, il faut l’accord de trois d’entre eux ; mais si l’un détient 50 % et les trois autres un sixième chacun (environ 16,67 %), le premier n’a besoin de convaincre qu’un seul des trois autres.
Débloquer une vente sans unanimité
La vente autorisée par le tribunal (art. 815-5-1). À la demande d’indivisaires titulaires d’au moins deux tiers des droits, le tribunal judiciaire peut autoriser la vente d’un bien indivis. La procédure passe d’abord par le notaire :
- les indivisaires majoritaires expriment devant lui leur intention de vendre ;
- le notaire fait signifier cette intention aux autres dans le délai d’un mois ;
- les autres disposent de trois mois à compter de la signification pour s’y opposer ;
- le tribunal peut autoriser la vente si elle ne porte pas une atteinte excessive aux droits des autres indivisaires ; elle a lieu par licitation (vente aux enchères).
La procédure est exclue en cas de démembrement de propriété ou lorsqu’un indivisaire est présumé absent, hors d’état de manifester sa volonté ou sous mesure de protection.
Nouveauté du 9 avril 2026. La loi n° 2026-248 du 7 avril 2026 a complété l’article 815-6 : le président du tribunal judiciaire « peut également autoriser un indivisaire à conclure seul un acte de vente d’un bien indivis » lorsque l’urgence et l’intérêt commun le justifient. L’ANIL relève que le texte consacre une jurisprudence de la Cour de cassation. La même loi a créé en Corse une procédure de vente ou de partage à la majorité des 2/3 devant notaire, sans juge en l’absence d’opposition. En revanche, le Sénat a écarté son extension à tout le territoire : ailleurs, la règle des 2/3 avec intervention du juge est maintenue (ANIL, analyse n° 2026-09).
Sortir de l’indivision
Demander le partage. C’est le principe : le partage « peut toujours être provoqué, à moins qu’il n’y ait été sursis par jugement ou convention » (art. 815). Une convention d’indivision peut être conclue pour une durée déterminée de 5 ans au plus, renouvelable, ou pour une durée indéterminée ; elle doit être établie par un notaire si elle porte sur un immeuble (service-public.gouv.fr). En cas de désaccord, le tribunal peut maintenir l’indivision, pour 5 ans au plus dans certains cas, notamment pour le logement occupé par le défunt ou son époux.
Vendre sa part : le droit de préemption des indivisaires (art. 815-14). Avant de céder ses droits à une personne étrangère à l’indivision, l’indivisaire doit notifier aux autres, par acte de commissaire de justice, le prix, les conditions de la cession et l’identité de l’acquéreur pressenti. Chaque indivisaire dispose alors d’un mois pour faire savoir qu’il exerce son droit de préemption aux mêmes prix et conditions. Il a ensuite deux mois pour réaliser l’acte ; passé ce délai, sa déclaration est nulle de plein droit quinze jours après une mise en demeure restée sans effet. Si plusieurs indivisaires préemptent, ils acquièrent ensemble la part à proportion de leurs droits, sauf convention contraire.
Une cession faite au mépris de ces règles est nulle ; l’action se prescrit par cinq ans et n’appartient qu’à ceux qui devaient recevoir la notification ou à leurs héritiers (art. 815-16).
FAQ
Un indivisaire peut-il bloquer la vente de la maison familiale ?
En principe oui, puisque la vente exige l’unanimité. Mais si vous réunissez au moins 2/3 des droits, vous pouvez faire autoriser la vente par le tribunal judiciaire, après la procédure devant notaire (art. 815-5-1).
Mon frère occupe seul la maison en indivision : doit-il payer ?
Oui, sauf convention contraire : l’indivisaire qui jouit privativement du bien doit une indemnité (art. 815-9). La demande se prescrit par cinq ans (art. 815-10).
Combien de temps les autres indivisaires ont-ils pour racheter ma part ?
Un mois à compter de la notification pour se déclarer, puis deux mois pour signer l’acte (art. 815-14).
Peut-on rester en indivision indéfiniment ?
Oui si tous le veulent, mais chacun peut demander le partage à tout moment, sauf convention ou jugement de maintien (art. 815). Une convention à durée déterminée est limitée à 5 ans renouvelables.
Les loyers d’un bien indivis sont-ils partagés automatiquement ?
Ils reviennent à l’indivision et se répartissent selon les quotes-parts, à défaut de partage provisionnel ou d’accord contraire (art. 815-10 ; service-public.gouv.fr).
Quel professionnel consulter
Le notaire est au centre de l’indivision : il rédige la convention, reçoit la déclaration d’intention de vendre des indivisaires majoritaires et établit le partage. L’agent immobilier estime le bien, une donnée utile pour fixer le prix d’une part ou l’indemnité d’occupation. Pour un partage en nature d’un terrain, le géomètre-expert délimite les lots.
Trouver un professionnel
Un seul professionnel par métier et par secteur, sélectionné et noté sur 100 points à partir de données publiques, titre vérifiable. Le métier, son registre officiel et les professionnels retenus :
Le notaire retenu dans les grandes villes
| Ville | Professionnel | Secteur | Score /100 | Statut |
|---|---|---|---|---|
| Paris | Dextera Notaires | Paris, 7e arrondissement | 91 | Retenu |
| Marseille | 1391 Notaires | Marseille, 8e arrondissement | 85 | Retenu |
| Lyon | Archers Notaires | Lyon, 2e arrondissement | 92 | Retenu |
| Montpellier | Lexnot | Montpellier | 93 | Retenu |
| Bordeaux | 1645 Notaires | Bordeaux | 90 | Retenu |
| Lille | Notaires Lille Royale | Lille | 70 | Retenu |
| Rennes | Notaires des Lices | Rennes | 87 | Retenu |
| Dijon | Legatis Dijon-Genlis | Dijon | 86 | Retenu |
| Brest | Quid Novi Brest Notaires & Conseils | Brest | 86 | Retenu |
| Cannes | 1795 | Cannes | 70 | Retenu |
Les 10 villes qui comptent le plus de ventes (DVF 2025) et où un notaire est retenu ; dans une ville à plusieurs secteurs, la fiche au meilleur score. « Vérifié » : titre lu au registre par Payotte ; « Retenu » : titre déclaré, vérifiable sur la fiche.
Dans le même thème : Transmettre
Sources
- Succession : l'indivision entre héritiers (service-public.gouv.fr, vérifié le 16 avril 2026) (consulté le 11 octobre 2026)
- Code civil, article 815 – en vigueur depuis le 1er janvier 2007 (Légifrance) (consulté le 11 octobre 2026)
- Code civil, article 815-3 – en vigueur depuis le 1er janvier 2007 (Légifrance) (consulté le 11 octobre 2026)
- Code civil, article 815-5-1 – en vigueur depuis le 1er janvier 2020 (Légifrance) (consulté le 11 octobre 2026)
- Code civil, article 815-6 – en vigueur depuis le 9 avril 2026 (Légifrance) (consulté le 11 octobre 2026)
- Code civil, article 815-9 – en vigueur depuis le 1er janvier 2007 (Légifrance) (consulté le 11 octobre 2026)
- Code civil, article 815-14 – en vigueur depuis le 1er janvier 2007 (Légifrance) (consulté le 11 octobre 2026)
- Code civil, article 815-16 – en vigueur depuis le 1er janvier 2007 (Légifrance) (consulté le 11 octobre 2026)
- Code civil, articles 815-8 à 815-16 – droits et obligations des indivisaires (Légifrance) (consulté le 11 octobre 2026)
- Loi n° 2026-248 du 7 avril 2026 visant à simplifier la sortie de l'indivision et la gestion des successions vacantes (Légifrance) (consulté le 11 octobre 2026)
- Simplification de la sortie de l'indivision et gestion des successions vacantes (ANIL, analyse juridique n° 2026-09, à jour au 15 avril 2026) (consulté le 11 octobre 2026)
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