En bref
Dès qu’une succession comprend un bien immobilier, le notaire est obligatoire : il établit l’attestation de propriété immobilière (service-public.gouv.fr), qu’il doit publier dans les quatre mois suivant le jour où il a été requis ; les héritiers engagent leur responsabilité s’ils le saisissent plus de six mois après le décès (décret n° 55-22, art. 33). La déclaration de succession se dépose dans les six mois du décès survenu en France métropolitaine (CGI, art. 641). Les enfants ont une réserve : le défunt ne peut librement disposer que de la moitié de ses biens avec un enfant, du tiers avec deux, du quart avec trois ou plus (code civil, art. 913).
Qui hérite du bien ?
La succession s’ouvre au décès et la loi la dévolue aux parents et au conjoint successible. En l’absence de conjoint, les héritiers se rangent en quatre ordres, chacun excluant les suivants : les enfants et leurs descendants ; les père et mère, frères et sœurs et leurs descendants ; les autres ascendants ; les autres collatéraux (code civil, art. 734).
Le conjoint survivant hérite toujours. En présence d’enfants, il choisit l’usufruit de la totalité des biens ou la propriété du quart quand tous les enfants sont communs ; il reçoit la propriété du quart s’il existe des enfants d’une autre union (art. 757). Sans enfant, il recueille la moitié des biens si les deux parents du défunt vivent (art. 757-1), et toute la succession en l’absence de descendants et de père et mère (art. 757-2). Service-public.gouv.fr précise que, faute de choix écrit dans les trois mois d’une demande d’un héritier, l’usufruit de la totalité lui est attribué.
Le conjoint qui occupait le logement à titre d’habitation principale en a, de plein droit, la jouissance gratuite pendant un an ; ce droit est d’ordre public (art. 763). Le partenaire de Pacs et le concubin, eux, n’héritent pas sans testament (service-public.gouv.fr).
La réserve héréditaire : ce que le testament ne peut pas retirer
La réserve est « la part des biens et droits successoraux dont la loi assure la dévolution libre de charges à certains héritiers dits réservataires » ; la quotité disponible est le reste, dont le défunt pouvait disposer librement (art. 912).
| Enfants laissés | Quotité disponible | Réserve des enfants |
|---|---|---|
| 1 | 1/2 | 1/2 |
| 2 | 1/3 | 2/3 |
| 3 ou plus | 1/4 | 3/4 |
Source : code civil, art. 913. Un testament qui léguerait la maison à un tiers peut donc être réduit s’il entame la réserve. Depuis le 1er novembre 2021, si la loi étrangère applicable ne protège pas les enfants, chacun peut opérer un prélèvement compensatoire sur les biens situés en France, sous les conditions de l’article 913.
L’attestation immobilière du notaire
Toute transmission par décès de droits réels immobiliers « doit être constatée par une attestation notariée » indiquant si les héritiers ou légataires ont accepté (décret n° 55-22, art. 29). C’est elle qui fait passer le bien au nom des héritiers au fichier immobilier.
Les délais sont fixés par l’article 33 du même décret :
- publication de l’attestation dans les quatre mois à compter du jour où le notaire a été requis ;
- responsabilité des héritiers engagée si le notaire est requis plus de six mois après le décès.
Exception : aucune attestation n’est établie si un acte de partage portant sur la totalité des immeubles est dressé et publié dans les dix mois du décès (art. 29). Le notaire est aussi requis pour l’acte de notoriété lorsque la succession atteint 5 965 €, et en présence d’un testament ou d’une donation entre époux (service-public.gouv.fr).
Déclaration de succession : délais, dispenses et pénalités
Le délai est de six mois à compter du décès lorsque le défunt est mort en France métropolitaine (CGI, art. 641) ou, outre-mer, dans le département où il était domicilié (CGI, art. 642), et en règle générale d’un an dans les autres cas ; il peut être de deux ans pour un défunt domicilié à La Réunion ou à Mayotte, selon le lieu du décès (art. 642). Service-public.gouv.fr précise que les droits se paient en même temps que le dépôt et que les cohéritiers sont solidaires du paiement.
Sont dispensés de déclaration les enfants, le conjoint, le partenaire de Pacs et les autres héritiers en ligne directe lorsque l’actif brut est inférieur à 50 000 €, à condition de n’avoir reçu du défunt aucune donation non enregistrée ou non déclarée ; pour les autres bénéficiaires, le seuil est de 3 000 € (CGI, art. 800). Avec un bien immobilier, l’actif dépasse souvent ces seuils.
En cas de retard, l’intérêt de retard est de 0,20 % par mois (CGI, art. 1727 ; taux repris à l’identique dans la version en vigueur au 1er janvier 2027). Une majoration de 10 % s’applique à partir du premier jour du septième mois suivant l’expiration du délai de six mois, soit à partir du treizième mois après le décès ; elle passe à 40 % si la déclaration n’est pas déposée dans les 90 jours d’une mise en demeure (CGI, art. 1728).
Pour le calcul, chaque enfant bénéficie d’un abattement de 100 000 € (CGI, art. 779). Le conjoint survivant et le partenaire de Pacs sont exonérés de droits de succession (CGI, art. 796-0 bis).
FAQ
Faut-il obligatoirement passer par un notaire quand on hérite d’une maison ?
Oui. Dès que la succession comprend un bien immobilier, l’attestation de propriété immobilière est obligatoire et seul un notaire l’établit (service-public.gouv.fr ; décret n° 55-22, art. 29).
Quel est le délai pour déclarer une succession ?
Six mois à compter d’un décès en France métropolitaine ou, outre-mer, dans le département de domicile du défunt ; un an en règle générale dans les autres cas (CGI, art. 641 et 642). Service-public.gouv.fr indique que l’administration tolère un dépôt jusqu’au dernier jour du mois.
Que risque-t-on en déclarant en retard ?
Un intérêt de retard de 0,20 % par mois (art. 1727), puis une majoration de 10 % à partir du 13e mois après le décès (art. 1728 ; service-public.gouv.fr).
Peut-on déshériter un enfant de la maison familiale ?
Non au-delà de la quotité disponible : un enfant unique a droit à la moitié de la succession, deux enfants aux deux tiers, trois ou plus aux trois quarts (code civil, art. 913).
Mon conjoint peut-il rester dans le logement ?
Oui : s’il y vivait à titre d’habitation principale, il en a la jouissance gratuite pendant un an, avec le mobilier (code civil, art. 763). En présence d’enfants communs, il peut aussi opter pour l’usufruit de toute la succession (art. 757).
Quel professionnel consulter
Le notaire est incontournable : attestation immobilière, acte de notoriété, déclaration de succession et partage. Pour vendre le bien hérité, l’agent immobilier établit l’estimation, utile aussi pour la valeur déclarée ; le diagnostiqueur réalise les diagnostics obligatoires avant la vente. Sur le démembrement entre conjoint usufruitier et enfants, voir notre guide de l’usufruit et de la nue-propriété.
Trouver un professionnel
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Le notaire retenu dans les grandes villes
| Ville | Professionnel | Secteur | Score /100 | Statut |
|---|---|---|---|---|
| Paris | Dextera Notaires | Paris, 7e arrondissement | 91 | Retenu |
| Marseille | 1391 Notaires | Marseille, 8e arrondissement | 85 | Retenu |
| Lyon | Archers Notaires | Lyon, 2e arrondissement | 92 | Retenu |
| Montpellier | Lexnot | Montpellier | 93 | Retenu |
| Bordeaux | 1645 Notaires | Bordeaux | 90 | Retenu |
| Lille | Notaires Lille Royale | Lille | 70 | Retenu |
| Rennes | Notaires des Lices | Rennes | 87 | Retenu |
| Dijon | Legatis Dijon-Genlis | Dijon | 86 | Retenu |
| Brest | Quid Novi Brest Notaires & Conseils | Brest | 86 | Retenu |
| Cannes | 1795 | Cannes | 70 | Retenu |
Les 10 villes qui comptent le plus de ventes (DVF 2025) et où un notaire est retenu ; dans une ville à plusieurs secteurs, la fiche au meilleur score. « Vérifié » : titre lu au registre par Payotte ; « Retenu » : titre déclaré, vérifiable sur la fiche.
Dans le même thème : Transmettre
Sources
- Déclaration de succession (service-public.gouv.fr, vérifié le 29 janvier 2025) (consulté le 11 octobre 2026)
- Le recours à un notaire est-il obligatoire dans le cadre d'une succession ? (service-public.gouv.fr, vérifié le 1er janvier 2026) (consulté le 11 octobre 2026)
- Règles en matière d'héritage : défunt ayant eu des enfants (service-public.gouv.fr, vérifié le 5 octobre 2026) (consulté le 11 octobre 2026)
- Code civil, article 734 – en vigueur depuis le 1er juillet 2002 (Légifrance) (consulté le 11 octobre 2026)
- Code civil, article 757 – en vigueur depuis le 1er juillet 2002 (Légifrance) (consulté le 11 octobre 2026)
- Code civil, article 757-1 – en vigueur depuis le 1er juillet 2002 (Légifrance) (consulté le 11 octobre 2026)
- Code civil, article 757-2 – en vigueur depuis le 1er juillet 2002 (Légifrance) (consulté le 11 octobre 2026)
- Code civil, article 763 – en vigueur depuis le 1er janvier 2007 (Légifrance) (consulté le 11 octobre 2026)
- Code civil, article 912 – en vigueur depuis le 1er janvier 2007 (Légifrance) (consulté le 11 octobre 2026)
- Code civil, article 913 – en vigueur depuis le 1er novembre 2021 (Légifrance) (consulté le 11 octobre 2026)
- Code général des impôts, article 641 – en vigueur depuis le 1er juillet 1979 (Légifrance) (consulté le 11 octobre 2026)
- Code général des impôts, article 642 – en vigueur depuis le 21 septembre 2013 (Légifrance) (consulté le 12 octobre 2026)
- Code général des impôts, article 779 – en vigueur depuis le 1er janvier 2013 (Légifrance) (consulté le 11 octobre 2026)
- Code général des impôts, article 796-0 bis – en vigueur depuis le 22 août 2007 (Légifrance) (consulté le 11 octobre 2026)
- Code général des impôts, article 800 – en vigueur depuis le 1er janvier 2020 (Légifrance) (consulté le 11 octobre 2026)
- Code général des impôts, article 1727 – version en vigueur du 16 février 2025 au 1er janvier 2027 ; taux de 0,20 % par mois repris dans la version au 1er janvier 2027 (ordonnance n° 2025-1247) (Légifrance) (consulté le 11 octobre 2026)
- Code général des impôts, article 1728 – en vigueur depuis le 21 février 2026 (Légifrance) (consulté le 11 octobre 2026)
- Décret n° 55-22 du 4 janvier 1955, article 29 – en vigueur depuis le 1er janvier 2013 (Légifrance) (consulté le 11 octobre 2026)
- Décret n° 55-22 du 4 janvier 1955, article 33 – en vigueur depuis le 1er janvier 2022 (Légifrance) (consulté le 11 octobre 2026)
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