En bref
La loi Montagne (loi n° 85-30 du 9 janvier 1985, complétée par la loi Montagne II du 28 décembre 2016) s’applique, pour ses règles d’urbanisme, à 5 659 communes, soit environ 1 commune sur 6 ; les massifs couvrent 30 % du territoire métropolitain (ministère de l’Aménagement du territoire, page mise à jour le 15 juin 2026). Sa règle centrale : l’urbanisation doit se faire en continuité des bourgs, villages, hameaux et groupes de constructions existants (code de l’urbanisme, art. L122-5). Les rives naturelles des plans d’eau de moins de 1 000 hectares sont protégées sur 300 mètres (art. L122-12). La restauration d’un chalet d’alpage exige une autorisation du préfet, distincte du permis. Ces règles valent en métropole uniquement (fiche DGALN n° 1, juin 2026).
Où s’applique la loi Montagne ?
Les communes concernées ont été désignées par neuf arrêtés interministériels pris entre février 1974 et septembre 1985. Pour les arrêtés de 1982 à 1985, seules les communes de l’annexe I sont soumises aux règles d’urbanisme. Le ministère prévient que ces listes ne sont pas totalement à jour, du fait des fusions et scissions de communes, et qu’une liste actualisée sera publiée. Certaines communes relèvent à la fois de la loi Montagne et de la loi Littoral : celles riveraines d’un lac de plus de 1 000 hectares ou situées en bord de mer.
La zone de montagne se définit par des handicaps naturels : altitude entraînant une période de végétation raccourcie, fortes pentes empêchant la mécanisation, ou combinaison des deux (loi Montagne, art. 3). Chaque zone est rattachée à l’un des six massifs : Alpes, Corse, Massif central, Jura, Pyrénées, Vosges. Dans les départements d’outre-mer, la loi prévoit des prescriptions particulières, une possibilité qui « n’a à ce jour pas été utilisée » (fiche DGALN n° 1).
Les règles d’urbanisme figurent aux articles L122-1 à L122-27 et R122-1 à R122-20 du code de l’urbanisme.
Le principe : construire en continuité
Pour éviter les constructions dispersées, l’urbanisation doit se faire en continuité de l’existant (art. L122-5). Depuis la loi Montagne II, l’article L122-5-1 précise que la continuité s’apprécie selon les caractéristiques locales de l’habitat traditionnel, les constructions implantées et l’existence de voies et réseaux. La fiche DGALN n° 2 (juin 2026) retient notamment :
- les distances entre bâtiments, une proximité de quelques mètres n’étant pas nécessaire ;
- la densité, la forme et la logique de l’urbanisation locale ;
- les caractéristiques architecturales, paysagères et topographiques ;
- la présence de voies et réseaux, dont la seule existence ne vaut pas urbanisation.
Chaque cas s’apprécie à l’aide de cartes, de photos, voire d’une visite des lieux. Dans une commune de montagne sans PLU ni carte communale, c’est cette règle de continuité qui s’applique, et non la constructibilité limitée aux parties urbanisées du règlement national d’urbanisme (Conseil d’État, 16 avril 2012, cité par la fiche n° 2).
Les exceptions utiles à un acheteur
La loi prévoit huit exceptions, d’interprétation stricte. Les plus fréquentes pour un particulier concernent surtout les constructions existantes situées hors continuité ; la dernière ligne vise les projets touristiques (fiche n° 2) :
| Exception | Ce qu’en dit la fiche DGALN n° 2 |
|---|---|
| Adaptation, réfection, changement de destination | Possibles, mais le PLU peut les réglementer ou les interdire |
| Extension limitée | Agrandissement plus petit que la construction ; les documents d’urbanisme l’autorisent « généralement » jusqu’à 30 % de la surface de plancher |
| Annexes de taille limitée | Admises depuis le 30 décembre 2016 (loi Montagne II) |
| Unités touristiques nouvelles (UTN) | Projets touristiques dispensés de la continuité, sous un régime propre (art. L122-15 et suivants) |
Ce que cela veut dire : une maison isolée peut souvent être rénovée et agrandie dans une mesure limitée, mais un terrain nu éloigné des hameaux est en principe inconstructible, même s’il est desservi par une route.
Lacs et chalets d’alpage : deux régimes à part
Rives des lacs. Les parties naturelles des rives des plans d’eau naturels ou artificiels de moins de 1 000 hectares sont protégées sur 300 mètres à compter de la rive : constructions, installations, routes nouvelles, extractions et affouillements y sont interdits, sauf exceptions de l’article L122-13. La protection vaut pour tout le plan d’eau, même si seules certaines communes riveraines sont en zone de montagne (fiche DGALN n° 4). Pour les dix lacs de montagne de plus de 1 000 hectares, dont ceux d’Annecy, du Bourget, le Léman et Serre-Ponçon, les communes riveraines cumulent loi Montagne et loi Littoral ; en cas de divergence, la règle la plus stricte s’applique, « fréquemment » celle de la loi Littoral (fiche DGALN n° 4).
Chalets d’alpage et bâtiments d’estive. Leur restauration, leur reconstruction ou leur extension limitée peut être autorisée « dans un objectif de protection et de mise en valeur du patrimoine montagnard » (art. L122-11, 3°). Cette autorisation préfectorale, rendue après avis de deux commissions départementales, ne vaut pas permis de construire, et réciproquement. Lorsque le chalet n’est pas desservi, ou l’est par une voie inutilisable en hiver, une servitude de restriction d’usage hivernal doit être instituée au préalable. La fiche n° 10 relève que ces restaurations servent fréquemment à créer des résidences secondaires, ce que le texte n’interdit pas.
Résidence secondaire en station : ce qui peut limiter l’achat
Depuis le 21 novembre 2024 (loi du 19 novembre 2024), une commune peut délimiter dans son PLU des secteurs où toute construction nouvelle de logement est réservée à la résidence principale, lorsque les résidences secondaires dépassent 20 % des logements ou en zone tendue (ANIL). Cette servitude doit figurer expressément dans la promesse ou l’acte de vente, à peine de nullité. En cas d’occupation contraire, le maire peut prononcer une astreinte de 1 000 € par jour, dans la limite de 100 000 €. Seule la location touristique de sa résidence principale reste permise, 120 jours par an au plus.
FAQ
Comment savoir si une commune est en zone de montagne ?
Elle figure dans l’un des neuf arrêtés pris entre 1974 et 1985 ; le ministère signale que ces listes ne sont pas totalement à jour (ministère de l’Aménagement du territoire).
Peut-on construire sur un terrain isolé en montagne ?
En principe non : l’urbanisation doit se faire en continuité des bourgs, villages, hameaux ou groupes de constructions (art. L122-5), sauf exceptions strictes.
Peut-on agrandir une maison isolée ?
Oui, une extension limitée est possible ; les documents d’urbanisme l’autorisent généralement jusqu’à 30 % de la surface de plancher existante (fiche DGALN n° 2). Le PLU peut être plus strict.
Peut-on transformer un chalet d’alpage en résidence secondaire ?
Le texte ne l’interdit pas, mais il faut une autorisation préfectorale préalable au permis, et parfois une servitude limitant l’usage en hiver (fiche DGALN n° 10).
La loi Montagne s’applique-t-elle outre-mer ?
Ses règles d’urbanisme valent en métropole uniquement (fiche DGALN n° 1).
Quel professionnel consulter
Le géomètre-expert mesure la distance d’une parcelle aux constructions existantes ou à la rive d’un lac. Le notaire vérifie la présence d’une servitude de résidence principale ou de restriction d’usage hivernal. L’agent immobilier peut vérifier, avant la visite, si le bien se trouve dans un secteur réservé aux résidences principales, et le courtier en crédit peut chiffrer le financement d’une résidence secondaire.
Trouver un professionnel
Un seul professionnel par métier et par secteur, sélectionné et noté sur 100 points à partir de données publiques, titre vérifiable. Le métier, son registre officiel et les professionnels retenus :
Le géomètre-expert retenu dans les grandes villes
| Ville | Professionnel | Secteur | Score /100 | Statut |
|---|---|---|---|---|
| Paris | Actif Géo | Paris, 14e arrondissement | 77 | Retenu |
| Marseille | ATGTSM | Marseille, 9e arrondissement | 73 | Retenu |
| Lille | MA-GEO | Lille | 74 | Retenu |
| Cannes | Pythagore Géomètres-Experts | Cannes | 70 | Retenu |
| Nîmes | Relief GE | Nîmes | 72 | Retenu |
| Perpignan | Geopole - Géomètres-Experts Associés | Perpignan | 72 | Retenu |
| Nancy | Geodatis Selarl Geometres Experts | Nancy | 76 | Retenu |
| Annecy | GEHOM | Annecy | 74 | Retenu |
| Avignon | Géo-Experts | Avignon | 70 | Retenu |
| Quimper | Cornouaille Ingénierie Topographie | Quimper | 70 | Retenu |
Les 10 villes qui comptent le plus de ventes (DVF 2025) et où un géomètre-expert est retenu ; dans une ville à plusieurs secteurs, la fiche au meilleur score. « Vérifié » : titre lu au registre par Payotte ; « Retenu » : titre déclaré, vérifiable sur la fiche.
Dans le même thème : Risques et territoire
Sources
- Ministère de l'Aménagement du territoire — Loi relative au développement et à la protection de la montagne (mis à jour le 15 juin 2026) (consulté le 11 octobre 2026)
- DGALN — Fiche n° 1 : champ d'application des dispositions d'urbanisme spécifiques des zones de montagne (juin 2026) (consulté le 11 octobre 2026)
- DGALN — Fiche n° 2 : l'extension de l'urbanisation en continuité de l'urbanisation existante (juin 2026) (consulté le 11 octobre 2026)
- DGALN — Fiche n° 4 : les rives des plans d'eau naturels et artificiels (juin 2026) (consulté le 11 octobre 2026)
- DGALN — Fiche n° 5 : les unités touristiques nouvelles (juin 2026) (consulté le 11 octobre 2026)
- DGALN — Fiche n° 10 : le régime applicable aux chalets d'alpage et aux bâtiments d'estive (juin 2026) (consulté le 11 octobre 2026)
- ANIL — Renforcer les outils de régulation des meublés de tourisme, analyse juridique de la loi du 19 novembre 2024 (consulté le 11 octobre 2026)
- Légifrance — Loi n° 85-30 du 9 janvier 1985 relative au développement et à la protection de la montagne (lien du ministère) (consulté le 11 octobre 2026)
- Légifrance — Loi n° 2016-1888 du 28 décembre 2016 de modernisation, de développement et de protection des territoires de montagne (lien du ministère) (consulté le 11 octobre 2026)
Tous les guides · Les professionnels retenus, ville par ville