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Loi Carrez : surface comptée, marge de 5 % et recours

Surface Carrez : ce qui compte (locaux clos, 1,80 m), ce qui est exclu, qui mesure, et le recours si l'écart dépasse 5 % : action dans l'année.

En bref. La surface « loi Carrez » est la surface des planchers des locaux clos et couverts d’un lot de copropriété, murs, cloisons, escaliers et embrasures déduits, sans compter les parties de moins de 1,80 m de hauteur (décret du 17 mars 1967, art. 4-1). Elle doit figurer dans toute promesse et tout acte de vente d’un lot. Si la surface réelle est inférieure de plus de 5 % (un vingtième) à celle annoncée, l’acheteur peut obtenir une baisse de prix proportionnelle, à condition d’agir dans l’année qui suit l’acte authentique (loi du 10 juillet 1965, art. 46).

Quand la surface Carrez est obligatoire

L’article 46 de la loi du 10 juillet 1965 impose de mentionner la superficie de la partie privative dans toute promesse unilatérale de vente ou d’achat et tout contrat constatant la vente d’un lot ou d’une fraction de lot de copropriété. Elle concerne donc les appartements et, plus largement, tout lot situé dans un immeuble soumis au statut de la copropriété.

Sont exclus de l’obligation (art. 46, al. 3, et décret, art. 4-2) :

  • les caves, garages et emplacements de stationnement ;
  • les lots ou fractions de lots de moins de 8 m².

Une maison individuelle hors copropriété n’est pas concernée par la loi Carrez.

Ce que la surface Carrez compte, et ce qu’elle exclut

La règle tient en une phrase du décret n° 67-223 (art. 4-1) : c’est « la superficie des planchers des locaux clos et couverts après déduction des surfaces occupées par les murs, cloisons, marches et cages d’escalier, gaines, embrasures de portes et de fenêtres. Il n’est pas tenu compte des planchers des parties des locaux d’une hauteur inférieure à 1,80 mètre. »

ComptésExclus
Planchers des pièces closes et couvertes du lotMurs, cloisons, gaines, embrasures
Combles et soupentes, pour la seule partie à 1,80 m ou plusMarches et cages d’escalier
Parties sous 1,80 m de hauteur
Balcons, terrasses, loggias non closes
Parties communes à jouissance privative (jardin, cour…)

Deux exclusions viennent de la jurisprudence de la Cour de cassation, analysée par l’ANIL :

  • la loggia qui n’est pas un local clos ne compte pas (Cass. civ. 3e, 18 septembre 2012) ;
  • une partie commune à jouissance privative n’est pas une partie privative et n’entre pas dans le calcul (Cass. civ. 3e, 2 juillet et 8 octobre 2008).

Attention à ne pas confondre la surface Carrez avec la surface habitable utilisée pour le bail ou le DPE : ce sont deux définitions juridiques distinctes. La surface habitable part des mêmes déductions (murs, cloisons, marches et cages d’escaliers, gaines, embrasures) et écarte aussi les parties de moins de 1,80 m, mais elle exclut en outre, nommément, les combles non aménagés, caves, sous-sols, remises, garages, terrasses, loggias, balcons, séchoirs extérieurs au logement, vérandas, volumes vitrés prévus à l’article R. 155-1, locaux communs et autres dépendances des logements (CCH, art. R156-1).

Qui mesure ?

La loi n’impose pas de professionnel. Le vendeur peut mesurer lui-même ; l’ANIL recommande néanmoins un mesurage par un professionnel « pour éviter tout risque d’erreur ». Dans la pratique observée par le réseau des ADIL, les géomètres-experts et les agents immobiliers arrivent loin devant les architectes et bureaux d’études ; le notaire conseille le recours à un professionnel mais mesure rarement lui-même.

Le choix a des conséquences : si un professionnel s’est trompé, le vendeur qui a dû rembourser une partie du prix peut se retourner contre lui. La Cour de cassation juge que la restitution du trop-perçu n’est pas en soi un préjudice indemnisable, mais admet l’indemnisation d’une perte de chance de vendre au même prix pour une surface moindre (Cass. civ. 3e, 28 janvier 2015). L’acheteur peut aussi obtenir réparation du professionnel pour un préjudice distinct, par exemple un surcoût bancaire (ANIL, jurisprudence 2016).

La marge de 5 % et les recours de l’acheteur

Surface réelle inférieure de plus de 5 %. Si la superficie est « inférieure de plus d’un vingtième à celle exprimée dans l’acte », le vendeur doit, à la demande de l’acheteur, supporter une diminution du prix proportionnelle à la surface manquante (art. 46). Exemple de calcul : un lot vendu 300 000 € pour 60 m² Carrez, qui mesure en réalité 56 m², présente un écart de 6,7 % ; la baisse proportionnelle est de 4/60 × 300 000 = 20 000 €. Avec 57,5 m² (écart de 4,2 %), aucune action n’est possible.

Délai : 1 an. L’action en diminution du prix doit être intentée dans un délai d’un an à compter de l’acte authentique, « à peine de déchéance » (art. 46). Passé ce délai, elle est perdue.

Surface supérieure. Si la surface réelle est plus grande que celle de l’acte, le vendeur ne peut réclamer aucun supplément de prix (art. 46).

Aucune surface mentionnée. L’acheteur peut demander la nullité de la promesse ou du contrat, au plus tard un mois après l’acte authentique. Mais si l’acte authentique mentionne la surface, ce droit disparaît pour l’avant-contrat qui l’omettait (art. 46).

FAQ

Le vendeur peut-il mesurer lui-même la surface Carrez ?

Oui, la loi ne l’interdit pas. L’ANIL recommande toutefois un professionnel, car le vendeur supporte seul la baisse de prix en cas d’erreur de plus de 5 %.

Un balcon ou une terrasse comptent-ils dans la surface Carrez ?

Non : seuls les locaux clos et couverts sont comptés (décret, art. 4-1). La Cour de cassation exclut aussi la loggia non close.

Un garage ou une cave vendus seuls doivent-ils avoir une surface Carrez ?

Non. L’article 46 exclut expressément caves, garages et parkings, ainsi que les lots de moins de 8 m².

Je découvre l’erreur 18 mois après la vente : puis-je agir ?

Non contre le vendeur sur ce fondement : l’action en diminution du prix doit être engagée dans l’année suivant l’acte authentique (art. 46).

Combien coûte un mesurage Carrez ?

Le prix n’est pas fixé par un texte officiel consulté pour cet article ; il est librement fixé par le professionnel. Demandez plusieurs devis.

Quel professionnel consulter

Le géomètre-expert est le spécialiste de la mesure et de la délimitation de la propriété ; c’est le professionnel le plus souvent choisi pour un mesurage Carrez selon les ADIL. Le diagnostiqueur immobilier réalise aussi couramment ce mesurage en même temps que le dossier de diagnostic technique. L’agent immobilier mandaté peut s’en charger ou le faire réaliser, et le notaire vérifiera que la surface figure bien dans la promesse et l’acte de vente, condition de leur validité.

Trouver un professionnel

Un seul professionnel par métier et par secteur, sélectionné et noté sur 100 points à partir de données publiques, titre vérifiable. Le métier, son registre officiel et les professionnels retenus :

Le géomètre-expert retenu dans les grandes villes

VilleProfessionnelSecteurScore /100Statut
ParisActif GéoParis, 14e arrondissement77Retenu
MarseilleATGTSMMarseille, 9e arrondissement73Retenu
LilleMA-GEOLille74Retenu
CannesPythagore Géomètres-ExpertsCannes70Retenu
NîmesRelief GENîmes72Retenu
PerpignanGeopole - Géomètres-Experts AssociésPerpignan72Retenu
NancyGeodatis Selarl Geometres ExpertsNancy76Retenu
AnnecyGEHOMAnnecy74Retenu
AvignonGéo-ExpertsAvignon70Retenu
QuimperCornouaille Ingénierie TopographieQuimper70Retenu

Les 10 villes qui comptent le plus de ventes (DVF 2025) et où un géomètre-expert est retenu ; dans une ville à plusieurs secteurs, la fiche au meilleur score. « Vérifié » : titre lu au registre par Payotte ; « Retenu » : titre déclaré, vérifiable sur la fiche.

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Sources

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