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Trêve hivernale : dates, exceptions et expulsion

Trêve hivernale du 1er novembre au 31 mars : expulsions suspendues sauf relogement, squat ou conjoint violent ; étapes de la procédure et rôle du préfet.

En bref

Pendant la trêve hivernale, du 1er novembre au 31 mars de l’année suivante, il est sursis à toute mesure d’expulsion non exécutée, même après un jugement définitif, sauf si le relogement des occupants est assuré dans des conditions suffisantes (code des procédures civiles d’exécution, art. L412-6). La prochaine trêve court donc du 1er novembre 2026 au 31 mars 2027 inclus (service-public.gouv.fr). Elle ne protège pas les personnes entrées dans le domicile d’autrui par manœuvres, menaces, voies de fait ou contrainte, ni le conjoint violent expulsé sur décision du juge aux affaires familiales (art. L412-6 et L412-8). Le texte suspend l’exécution des mesures d’expulsion ; il ne vise pas les autres étapes de la procédure (art. L412-6).

Dates et portée de la trêve

L’article L412-6, dans sa version en vigueur depuis le 29 juillet 2023, prévoit le sursis du 1er novembre de chaque année au 31 mars de l’année suivante, nonobstant toute décision d’expulsion passée en force de chose jugée et malgré l’expiration des délais accordés par le juge (Légifrance). Service-public.gouv.fr précise que le 31 mars est inclus.

Si le délai laissé au locataire pour quitter le logement prend fin pendant la trêve, l’expulsion est reportée après le 31 mars. Lorsque le locataire dispose d’une solution de relogement adaptée, avec un nombre de pièces conforme au nombre d’occupants, l’expulsion peut avoir lieu toute l’année (service-public.gouv.fr). Dans les départements d’outre-mer, une trêve cyclonique peut s’appliquer.

Les exceptions

SituationTrêve applicable ?Source
Locataire sans solution de relogementOuiCPCE, art. L412-6
Relogement assuré dans des conditions suffisantes, respectant l’unité et les besoins de la familleNonArt. L412-6
Personnes entrées sans droit ni titre dans le domicile d’autrui par manœuvres, menaces, voies de fait ou contrainteNonArt. L412-6, 2e alinéa
Personnes entrées par ces procédés dans un autre lieu que le domicileLe juge peut supprimer ou réduire la trêveArt. L412-6, 3e alinéa
Conjoint, partenaire de Pacs ou concubin violent expulsé par le juge aux affaires familiales (code civil, art. 515-9)NonArt. L412-8
Occupant d’un logement étudiant qui ne remplit plus les conditions d’attributionNonArt. L412-7

Source : code des procédures civiles d’exécution (Légifrance).

La procédure d’expulsion, étape par étape

Pour un bail d’habitation avec impayés, la procédure suit ces étapes (service-public.gouv.fr ; loi du 6 juillet 1989, art. 24) :

  1. Commandement de payer délivré par un commissaire de justice : le locataire a 6 semaines pour régler sa dette. Le commissaire de justice le signale à la Ccapex, la commission de prévention des expulsions.
  2. Assignation devant le juge des contentieux de la protection. Le commissaire de justice doit la notifier au représentant de l’État dans le département au moins 6 semaines avant l’audience, à peine d’irrecevabilité de la demande (loi de 1989, art. 24) ; côté locataire, l’audience a lieu au moins 6 semaines après qu’il a reçu l’assignation (service-public.gouv.fr). Un diagnostic social et financier éclaire le juge.
  3. Jugement : le juge peut accorder un échéancier de 3 ans au plus et suspendre la clause résolutoire, ou constater la résiliation du bail et ordonner l’expulsion.
  4. Commandement de quitter les lieux : le locataire a en principe 2 mois pour partir (art. L412-1). Le juge de l’exécution peut accorder des délais d’un mois à un an (art. L412-4).
  5. Expulsion par un commissaire de justice, un jour ouvrable, entre 6 heures et 21 heures, hors trêve hivernale si le locataire n’a pas de relogement.

Le détail des impayés et des délais figure dans le guide impayés de loyer : la procédure.

Interdit au bailleur. Seul un commissaire de justice peut expulser : le bailleur qui change les serrures, entre dans le logement ou vide les meubles lui-même s’expose à 3 ans de prison et 30 000 € d’amende (service-public.gouv.fr). Le code pénal punit de ces peines le fait de forcer un tiers à quitter le lieu qu’il habite, sans le concours de l’État, par manœuvres, menaces, voies de fait ou contraintes (code pénal, art. 226-4-2).

Côté occupant. Celui qui se maintient dans le logement après la fin du délai accordé, en dehors de la trêve hivernale et hors logement social, encourt une amende de 7 500 € (service-public.gouv.fr ; code pénal, art. 315-2).

Le rôle du préfet

Le représentant de l’État intervient à plusieurs moments (service-public.gouv.fr ; CPCE, art. L412-5) :

  • il reçoit l’assignation et est informé du commandement de quitter les lieux ;
  • saisi par le commissaire de justice, il informe la Ccapex et fait notifier au ménage la possibilité de demander un relogement au titre du droit au logement opposable (Dalo) ; si le commissaire de justice ne l’a pas saisi, le délai avant l’expiration duquel l’expulsion ne peut avoir lieu est suspendu (art. L412-5) ;
  • si le locataire refuse de partir ou est absent, le commissaire de justice dresse un procès-verbal de tentative d’expulsion et demande au préfet le concours de la police ou de la gendarmerie.

Le préfet peut refuser ce concours ; son refus doit être motivé, et son silence pendant 2 mois vaut refus. Le bailleur peut alors demander à l’État une indemnisation par lettre recommandée au préfet, avec ses justificatifs : loyers et charges perdus, frais de commissaire de justice, frais de remise en état. Si le refus intervient alors que l’occupant est protégé par la trêve, l’indemnisation ne couvre que la période qui suit. Une proposition ou un refus d’indemnisation se conteste devant le tribunal administratif dans un délai de 2 mois (service-public.gouv.fr).

FAQ

Mon bailleur peut-il engager une procédure pendant l’hiver ?

L’article L412-6 suspend l’exécution des mesures d’expulsion entre le 1er novembre et le 31 mars ; il ne vise pas les autres étapes de la procédure, comme le commandement de payer ou l’audience (Légifrance).

La trêve protège-t-elle les squatteurs ?

Non, si l’expulsion a été prononcée pour une introduction sans droit ni titre dans le domicile d’autrui par manœuvres, menaces, voies de fait ou contrainte (art. L412-6).

Que se passe-t-il le 1er avril ?

L’expulsion reportée peut être exécutée, avec le concours de la force publique si le préfet l’accorde (service-public.gouv.fr).

Le préfet peut-il refuser d’envoyer la police ?

Oui. Le bailleur peut alors demander à l’État d’être indemnisé (service-public.gouv.fr).

Combien de temps le juge peut-il accorder pour partir ?

Le juge de l’exécution peut accorder d’un mois à un an, en tenant compte notamment de l’âge, de la santé, de la situation de famille et de la bonne volonté de l’occupant (CPCE, art. L412-4).

Quel professionnel consulter

L’agent immobilier chargé de la gestion locative suit les impayés, fait jouer la caution ou l’assurance et transmet le dossier au commissaire de justice en tenant compte du calendrier de la trêve. Si le bailleur envisage de vendre un logement occupé, le notaire l’informe des conséquences d’une procédure d’expulsion en cours sur la vente.

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Sources

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