En bref
Un mur qui sépare deux bâtiments, deux cours ou deux jardins « est présumé mitoyen s’il n’y a titre ou marque du contraire » (Code civil, art. 653). Sa réparation et sa reconstruction sont à la charge de tous ceux qui y ont droit, proportionnellement au droit de chacun (art. 655). Un copropriétaire peut s’en libérer en abandonnant sa mitoyenneté, si le mur ne soutient pas un bâtiment qui lui appartient (art. 656). À l’inverse, le propriétaire qui joint un mur peut le rendre mitoyen en payant la moitié de sa valeur et la moitié de la valeur du sol (art. 661). Celui qui surélève paie seul la dépense et l’entretien de la partie surélevée (art. 658).
Quand un mur est-il mitoyen ?
La présomption. Dans les villes comme dans les campagnes, sont présumés mitoyens les murs séparant des bâtiments jusqu’à l’héberge, des cours et jardins, et même des enclos dans les champs (art. 653). La présomption tombe devant un titre ou une marque contraire.
Les marques de non-mitoyenneté (art. 654) :
- un sommet droit et à plomb d’un côté, incliné de l’autre ;
- un chaperon, ou des filets et corbeaux de pierre, d’un seul côté.
Le mur appartient alors au seul propriétaire du côté où se trouvent l’égout ou les corbeaux et filets de pierre (art. 654). Un mur peut n’être mitoyen que sur une partie (service-public.gouv.fr, fiche F2415).
Les preuves. Service-public.gouv.fr cite le titre de propriété, une convention entre voisins publiée au fichier immobilier et la possession trentenaire, par exemple une construction appuyée sur le mur depuis plus de 30 ans, d’une possession continue, paisible, publique et non équivoque (F2415). Le délai de prescription pour acquérir la propriété immobilière est de trente ans, réduit à dix ans pour celui qui acquiert de bonne foi et par juste titre (art. 2272).
Entretien, réparations et reconstruction : qui paie ?
| Situation | Règle | Source |
|---|---|---|
| Réparation ou reconstruction | À la charge de tous ceux qui y ont droit, proportionnellement au droit de chacun | Art. 655 |
| Mur en partie mitoyen, en partie privatif | Chacun paie selon la portion dont il est propriétaire | F2415 |
| Dégradation causée par l’un des voisins | Il peut être condamné à payer seul la remise en état si elle résulte de sa faute | F2415 |
| Travaux faits sans accord, hors urgence | Celui qui les a engagés en assume seul le coût | F2415 |
Abandonner la mitoyenneté. Un copropriétaire peut se dispenser de contribuer aux réparations et reconstructions en abandonnant son droit, pourvu que le mur ne soutienne pas un bâtiment qui lui appartient (art. 656). Service-public.gouv.fr ajoute deux précisions : le mur ne doit pas retenir des terres (mur de soutènement), et le voisin doit d’abord réparer les dégâts dus à son propre défaut d’entretien. L’abandon s’annonce par courrier recommandé et se formalise par acte sous seing privé ou acte notarié. Celui qui abandonne perd la propriété du sol sous le mur et le droit d’y appuyer une construction (F2415).
Acquérir la mitoyenneté d’un mur
« Tout propriétaire joignant un mur a la faculté de le rendre mitoyen en tout ou en partie » (art. 661). Le prix comprend :
- la moitié de la dépense qu’a coûté le mur, ou la portion de mur concernée ;
- la moitié de la valeur du sol sur lequel il est bâti.
La dépense est estimée à la date de l’acquisition, compte tenu de l’état du mur (art. 661). Selon service-public.gouv.fr, l’achat ne concerne qu’un mur implanté sur la limite : un mur qui dépasse sur le terrain voisin relève de l’empiètement et ne peut pas devenir mitoyen. Le voisin est informé par courrier recommandé et l’acte est établi par un notaire (F2415).
Le propriétaire du mur peut-il refuser ? Service-public.gouv.fr écrit que « Le voisin peut refuser de vendre sa part » (F2415). Le Code civil présente au contraire l’acquisition comme une faculté de celui qui joint le mur, sans la soumettre à l’accord du propriétaire (art. 661). Il réserve l’interdiction de forcer la cession aux fossés et haies non mitoyens (art. 668). En cas de désaccord, c’est le texte de l’article 661 que le juge applique.
Appuyer, percer, surélever : les travaux sur un mur mitoyen
Bâtir contre le mur. Chaque copropriétaire peut bâtir contre un mur mitoyen et y placer des poutres ou solives dans toute l’épaisseur du mur, à cinquante-quatre millimètres près. Le voisin peut faire réduire la poutre jusqu’à la moitié du mur pour y asseoir ses propres poutres (art. 657).
Enfoncement ou appui d’un ouvrage. Aucun voisin ne peut pratiquer d’enfoncement dans le mur, ni y appliquer ou appuyer un ouvrage, sans le consentement de l’autre. À défaut, il doit faire régler par experts les moyens pour que l’ouvrage ne nuise pas aux droits du voisin (art. 662).
Fenêtre. Aucune fenêtre ni ouverture, « même à verre dormant », ne peut être pratiquée dans un mur mitoyen sans le consentement du voisin (art. 675).
Surélévation (exhaussement). Chaque copropriétaire peut faire exhausser le mur. Il paie alors seul (art. 658) :
- la dépense de l’exhaussement ;
- l’entretien au-dessus de la hauteur de la clôture commune ;
- les frais d’entretien de la partie commune dus à l’exhaussement ;
- les dépenses rendues nécessaires au voisin par l’exhaussement.
Si le mur ne peut pas supporter la surélévation, il doit le faire reconstruire en entier à ses frais, l’excédent d’épaisseur étant pris de son côté (art. 659). La partie surélevée lui appartient. Le voisin peut en acquérir la mitoyenneté en payant la moitié de la dépense, estimée à la date de l’acquisition, et la moitié du sol fourni pour l’excédent d’épaisseur (art. 660). Selon service-public.gouv.fr, l’exhaussement est impossible si des éléments du voisin s’appuient sur le faîte du mur (F2415).
En cas de désaccord
Avant le tribunal judiciaire du lieu du bien, service-public.gouv.fr recommande un conciliateur de justice (gratuit), un médiateur (payant) ou une procédure participative avec avocat (F2415). Cette tentative devient obligatoire, à peine d’irrecevabilité, lorsque la demande porte sur une somme n’excédant pas 5 000 € ou sur un trouble anormal de voisinage (Code de procédure civile, art. 750-1). Voir aussi notre guide bornage et troubles de voisinage.
FAQ
Comment savoir si le mur de mon jardin est mitoyen ?
Il est présumé mitoyen, sauf titre ou marque contraire, comme un sommet incliné ou un chaperon d’un seul côté (art. 653 et 654).
Mon voisin refuse de payer la réparation du mur mitoyen : que faire ?
Elle est due par les deux voisins, proportionnellement à leurs droits (art. 655). Sauf urgence, des travaux engagés sans accord restent à votre charge (F2415) : tentez la conciliation, puis saisissez le tribunal judiciaire.
Puis-je surélever le mur mitoyen sans l’accord du voisin ?
Oui, l’exhaussement est un droit de chaque copropriétaire (art. 658), à vos frais et dans le respect des règles d’urbanisme. Selon service-public.gouv.fr, l’accord du voisin n’est nécessaire que si la surélévation implique un adossement sur le mur mitoyen (F2415).
Combien coûte le rachat de la mitoyenneté ?
La moitié de la dépense qu’a coûté le mur, estimée à la date du rachat selon son état, plus la moitié de la valeur du sol (art. 661).
Puis-je renoncer à la mitoyenneté pour ne plus payer ?
Oui, si le mur ne soutient pas un bâtiment qui vous appartient (art. 656) et, selon service-public.gouv.fr, s’il ne retient pas des terres.
Quel professionnel consulter
Le géomètre-expert situe la limite séparative et indique si le mur est implanté sur cette limite, condition du rachat de sa mitoyenneté selon service-public.gouv.fr. Le notaire établit l’acte d’acquisition de la mitoyenneté, peut constater l’abandon ou la reconnaissance d’une possession trentenaire, et recherche dans les titres un éventuel accord sur le mur (F2415).
Trouver un professionnel
Un seul professionnel par métier et par secteur, sélectionné et noté sur 100 points à partir de données publiques, titre vérifiable. Le métier, son registre officiel et les professionnels retenus :
Le géomètre-expert retenu dans les grandes villes
| Ville | Professionnel | Secteur | Score /100 | Statut |
|---|---|---|---|---|
| Paris | Actif Géo | Paris, 14e arrondissement | 77 | Retenu |
| Marseille | ATGTSM | Marseille, 9e arrondissement | 73 | Retenu |
| Lille | MA-GEO | Lille | 74 | Retenu |
| Cannes | Pythagore Géomètres-Experts | Cannes | 70 | Retenu |
| Nîmes | Relief GE | Nîmes | 72 | Retenu |
| Perpignan | Geopole - Géomètres-Experts Associés | Perpignan | 72 | Retenu |
| Nancy | Geodatis Selarl Geometres Experts | Nancy | 76 | Retenu |
| Annecy | GEHOM | Annecy | 74 | Retenu |
| Avignon | Géo-Experts | Avignon | 70 | Retenu |
| Quimper | Cornouaille Ingénierie Topographie | Quimper | 70 | Retenu |
Les 10 villes qui comptent le plus de ventes (DVF 2025) et où un géomètre-expert est retenu ; dans une ville à plusieurs secteurs, la fiche au meilleur score. « Vérifié » : titre lu au registre par Payotte ; « Retenu » : titre déclaré, vérifiable sur la fiche.
Dans le même thème : Risques et territoire
Sources
- Mur mitoyen (service-public.gouv.fr, vérifié le 14 septembre 2026) (consulté le 12 octobre 2026)
- Code civil, articles 653 à 673 (Légifrance ; Légifrance renvoyant une erreur 403, texte lu le 12 octobre 2026 sur codes.droit.org, édition du 12 septembre 2026, issue des données Legi) (consulté le 12 octobre 2026)
- Code civil, article 2272 – prescription acquisitive immobilière (Légifrance ; texte lu sur codes.droit.org) (consulté le 12 octobre 2026)
- Code civil, article 675 – ouverture dans un mur mitoyen (codes.droit.org, Code civil, édition du 12 septembre 2026) (consulté le 12 octobre 2026)
- Code de procédure civile, article 750-1 – tentative préalable de règlement amiable (Légifrance ; texte lu sur codes.droit.org, édition du 1er octobre 2026) (consulté le 12 octobre 2026)
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