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Indemnités de remboursement anticipé (IRA) : plafonds

IRA d'un crédit immobilier : au plus 6 mois d'intérêts et 3 % du capital restant dû ; aucune en cas de vente pour mutation, de décès ou de licenciement.

En bref

Vous pouvez toujours rembourser votre crédit immobilier par anticipation, en tout ou en partie (code de la consommation, art. L313-47). Si le contrat prévoit des indemnités de remboursement anticipé (IRA), elles ne peuvent dépasser ni 6 mois d’intérêts sur le capital remboursé, au taux moyen du prêt, ni 3 % du capital restant dû avant le remboursement (art. R313-25). Elles ne sont pas dues si le remboursement est motivé par la vente du logement à la suite d’un changement de lieu d’activité professionnelle de l’emprunteur ou de son conjoint, par le décès ou par la cessation forcée de l’activité professionnelle (art. L313-48).

Le droit de rembourser avant l’échéance

L’article L313-47 pose le principe : « L’emprunteur peut toujours, à son initiative, rembourser par anticipation, en partie ou en totalité » son prêt immobilier. Deux limites seulement :

  • le contrat peut interdire les remboursements partiels égaux ou inférieurs à 10 % du montant initial du prêt, sauf s’il s’agit du solde (art. L313-47) ;
  • le contrat peut prévoir une indemnité, dans la limite du plafond réglementaire.

Après réception de votre demande, le prêteur doit vous fournir gratuitement et sans tarder, sur papier ou autre support durable, les informations chiffrant les conséquences du remboursement anticipé (art. L313-47). La demande se fait par écrit auprès du prêteur (service-public.gouv.fr, F1669).

Le plafond légal : deux limites cumulatives

L’IRA est plafonnée par l’article R313-25 du code de la consommation. Elle ne peut excéder :

  1. un semestre d’intérêts sur le capital remboursé, calculé au taux moyen du prêt ;
  2. et en aucun cas 3 % du capital restant dû avant le remboursement.

C’est le plus petit des deux montants qui s’applique.

Exemple : vous remboursez la totalité d’un capital restant dû de 150 000 €, prêt à 3,2 %.

  • 6 mois d’intérêts : 150 000 × 3,2 % ÷ 2 = 2 400 €.
  • 3 % du capital restant dû : 4 500 €.
  • IRA maximale : 2 400 €.

Avec un prêt à 7 %, six mois d’intérêts représenteraient 5 250 € ; le plafond de 3 %, soit 4 500 €, prendrait alors le relais.

Prêts à taux différents selon les périodes. Lorsque le taux varie selon les périodes de remboursement (par exemple un taux plus bas les premières années), l’indemnité peut être majorée de la somme permettant au prêteur d’obtenir, sur la durée écoulée, le taux moyen prévu à l’octroi (art. R313-25, al. 2).

Aucun autre frais. Hormis cette indemnité, « aucune indemnité ni aucun coût » ne peut être mis à la charge de l’emprunteur au titre du remboursement anticipé (art. L313-49).

Les cas où aucune indemnité n’est due

L’article L313-48 interdit toute IRA lorsque le remboursement est motivé par :

SituationCondition
Changement du lieu d’activité professionnelleDe l’emprunteur ou de son conjoint, et remboursement motivé par la vente du bien
DécèsD’un emprunteur (ANIL)
Cessation forcée de l’activité professionnelleLicenciement, par exemple (service-public.gouv.fr)

Ces exonérations s’appliquent même si le contrat prévoit une indemnité. L’ANIL précise qu’elles valent pour les prêts conclus après le 1er juillet 1999. Joignez les justificatifs du motif (attestation de l’employeur, lettre de licenciement) à votre demande écrite.

Négocier les IRA

La loi fixe un plafond, pas un montant obligatoire : c’est le contrat qui prévoit ou non une indemnité (« votre contrat peut prévoir des pénalités », service-public.gouv.fr). La clause se discute donc avant la signature de l’offre de prêt, comme le taux ou l’assurance. L’ANIL recommande d’ailleurs de « prendre en compte les pénalités de remboursement anticipé prévues par le contrat » avant de s’engager. Les pistes de négociation les plus courantes :

  • suppression pure et simple de la clause ;
  • exonération en cas de revente du logement, quel qu’en soit le motif ;
  • exonération pour les remboursements partiels financés par l’épargne de l’emprunteur ;
  • exonération après un certain nombre d’années de remboursement.

Une fois l’offre acceptée, la clause s’impose ; une renégociation ultérieure reste possible mais dépend du seul accord du prêteur.

IRA, rachat de crédit et revente

Lors d’un rachat de crédit par un autre établissement, le prêt d’origine est remboursé par anticipation : vous payez donc les IRA prévues au contrat initial, auxquelles peuvent s’ajouter des frais de mainlevée d’hypothèque, les frais de dossier et de garantie du nouveau prêt, et une nouvelle assurance (service-public.gouv.fr, F146). Ce coût doit être intégré au calcul de rentabilité : voir nos guides rachat de crédit et renégocier son prêt.

En cas de vente sans motif d’exonération, l’IRA s’ajoute au capital restant dû à rembourser. Si le prêt était garanti par une hypothèque, les frais de mainlevée s’ajoutent ; pour financer un achat avant la vente, voir le prêt relais.

FAQ

Les IRA sont-elles obligatoires ?

Non. Elles ne sont dues que si le contrat les prévoit, et dans la limite du plafond réglementaire (art. L313-47 et R313-25).

Puis-je rembourser seulement 5 % de mon prêt ?

Le contrat peut l’interdire : il peut refuser les remboursements partiels égaux ou inférieurs à 10 % du montant initial, sauf pour solder le prêt (art. L313-47).

Je suis muté et je vends : la banque peut-elle me facturer des IRA ?

Non, si la vente fait suite au changement de lieu d’activité professionnelle, le vôtre ou celui de votre conjoint (art. L313-48).

La banque peut-elle ajouter des frais de dossier pour le remboursement anticipé ?

Non. Aucun coût autre que l’indemnité plafonnée ne peut être mis à votre charge à ce titre (art. L313-49).

Le plafond de 3 % s’applique-t-il sur le montant emprunté ?

Non : sur le capital restant dû avant le remboursement (art. R313-25).

Quel professionnel consulter

Le courtier en crédit négocie la clause d’IRA dès l’offre de prêt et chiffre l’intérêt d’un rachat ou d’une renégociation, indemnités comprises. Lors d’une vente, le notaire relève les inscriptions qui grèvent le bien et organise la levée de la garantie du prêt ; présentez-lui le justificatif d’une éventuelle exonération.

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NantesFidelo CréditsNantes78Retenu
BordeauxAR Finances ConseilsBordeaux80Retenu
LilleMeilleurtauxLille70Retenu
RennesArtemis CourtageRennes79Retenu
ToulonVar CourtageToulon70Retenu
Saint-ÉtienneLP FinancesSaint-Étienne71Retenu

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Sources

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