En bref
Le changement d’usage relève du code de la construction et de l’habitation : un local d’habitation devient autre chose (bureau, cabinet, meublé de tourisme). Le changement de destination relève du code de l’urbanisme : le bâtiment passe d’une destination du PLU à une autre. Depuis le 21 février 2026, l’autorisation préalable du maire vaut dans les communes listées par décret (art. L631-7 du CCH, modifié par la loi n° 2026-103 du 19 février 2026), soit selon service-public.gouv.fr le périmètre de la taxe sur les logements vacants (zones tendues). Les autres communes peuvent s’y soumettre par délibération (art. L631-9). L’autorisation peut être subordonnée à une compensation (art. L631-7-1). Une transformation sans autorisation est punie d’une amende civile jusqu’à 100 000 € par local (art. L651-2).
Usage ou destination : deux régimes distincts
La destination est une notion d’urbanisme. Service-public.gouv.fr (F35336) liste cinq destinations, découpées en sous-destinations : exploitation agricole et forestière, habitation, commerce et activités de service, équipements d’intérêt collectif et services publics, autres activités des secteurs secondaire ou tertiaire. Passer de l’une à l’autre exige :
- une déclaration préalable sans modification de la façade ni de la structure porteuse (code de l’urbanisme, art. R*421-17, b) ;
- un permis de construire si les travaux modifient « les structures porteuses ou la façade du bâtiment » (art. R*421-14, c).
Un changement de sous-destination au sein d’une même destination est dispensé de formalité (F35336).
L’usage vise l’utilisation réelle d’un local d’habitation. Pour l’article L631-7 du CCH, constituent des locaux à usage d’habitation « toutes catégories de logements et leurs annexes », y compris les chambres de service, les logements de fonction et les locaux meublés donnés en location. Un local est réputé à usage d’habitation s’il était affecté à cet usage entre le 1er janvier 1970 et le 31 décembre 1976 inclus, ou à n’importe quel moment au cours des trente dernières années. La location d’un meublé de tourisme constitue un changement d’usage.
Les deux autorisations peuvent se cumuler. Quand le changement d’usage s’accompagne de travaux soumis à permis de construire ou à déclaration préalable, cette demande « vaut demande de changement d’usage » (CCH, art. L631-8).
Quelles communes exigent une autorisation ?
En principe, un changement d’usage est dispensé de formalité (F35336). Il devient soumis à autorisation :
- de plein droit dans les communes « dont la liste est fixée par le décret mentionné au B du I de l’article 1406 bis du code général des impôts » (CCH, art. L631-7, version en vigueur depuis le 21 février 2026). Service-public.gouv.fr précise qu’il s’agit du périmètre de la taxe annuelle sur les logements vacants, dit des zones tendues, et met en ligne un simulateur ;
- sur délibération du conseil municipal ou de l’intercommunalité dans les autres communes, pour tout ou partie du territoire (art. L631-9).
Attention aux sources anciennes. Le critère historique visait les communes de plus de 200 000 habitants et les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne. La fiche service-public F3107, vérifiée le 12 mai 2026, le reprend encore. Le texte de l’article L631-7 en vigueur ne mentionne plus ce seuil : vérifiez auprès de votre mairie.
Exceptions. Le maire peut autoriser une activité professionnelle, même commerciale, dans une partie de la résidence principale du demandeur, sans nuisance ni danger pour le voisinage (art. L631-7-2). Service-public.gouv.fr ajoute que, sans clientèle ni marchandises reçues, aucune autorisation n’est nécessaire (F35336). Louer sa résidence principale pour de courtes durées n’exige pas non plus d’autorisation (art. L631-7-1 A).
Demande, compensation et cas de Paris
L’autorisation est délivrée par le maire, après avis du maire d’arrondissement à Paris, Marseille et Lyon (art. L631-7-1). Une délibération municipale fixe les conditions par quartier ou arrondissement. Le délai de réponse est en général de 2 mois à dossier complet, sauf délai différent prévu par le règlement municipal (F35336).
Sans compensation, l’autorisation est accordée à titre personnel : elle cesse avec l’activité professionnelle du bénéficiaire (art. L631-7-1). Elle ne peut être transmise ni à un successeur ni à un acquéreur (F35336).
Avec compensation, le demandeur transforme en même temps en habitation un local ayant un autre usage (bureau, commerce). Le titre est alors « attaché au local et non à la personne » (art. L631-7-1). Les locaux offerts en compensation sont mentionnés dans l’autorisation, publiée au fichier immobilier (F35336).
À Paris, la demande se dépose au Bureau accueil et service à l’usager (Basu), par voie dématérialisée ou à défaut en lettre recommandée au Bureau des changements d’usages, 103 avenue de France, 75013 Paris (F35336). Les conditions de compensation sont fixées par le règlement municipal : service-public.gouv.fr renvoie au Basu pour les connaître.
Copropriété : l’autre autorisation à obtenir
L’autorisation du maire ne suffit pas en copropriété. Pour les meublés de tourisme, la demande « ne peut être demandée que si le changement d’usage est conforme aux stipulations contractuelles prévues dans le règlement de copropriété » (CCH, art. L631-7-1 A).
Service-public.gouv.fr (F3107) indique qu’un copropriétaire peut changer l’affectation de son lot sans autorisation du syndicat s’il respecte trois points : la destination de l’immeuble, les droits des autres copropriétaires et les clauses du règlement. Il faut en revanche l’accord de l’AG en cas de travaux importants, d’atteinte aux parties communes ou de modification du règlement.
Pour transformer un local non commercial (bureau, cabinet) en habitation contre la destination de l’immeuble, l’article 9 de la loi de 1965, dans sa version en vigueur depuis le 18 juin 2025 (loi n° 2025-541 du 16 juin 2025), soumet cette modification à l’approbation de l’assemblée « à la majorité prévue à l’article 24 ». La fiche F2416, vérifiée le 9 mai 2025, évoque encore l’unanimité.
Sanctions
L’article L651-2 du CCH, en vigueur depuis le 21 novembre 2024, punit toute infraction aux articles L631-7 ou L631-7-1 A d’une amende civile jusqu’à 100 000 € par local irrégulièrement transformé. La remise en l’état initial du logement peut aussi être ordonnée, sous astreinte jusqu’à 1 000 € par jour et par mètre carré utile (service-public.gouv.fr, F2043).
Pour un meublé de tourisme, l’autorisation de changement d’usage suppose aussi un DPE classé entre A et E, puis entre A et D à compter du 1er janvier 2034 (art. L631-10).
FAQ
Quelle différence entre changement d’usage et changement de destination ?
L’usage relève du code de la construction (le local cesse d’être un logement). La destination relève du code de l’urbanisme (le bâtiment change de catégorie au PLU). Les deux peuvent se cumuler (F35336).
Faut-il une autorisation pour louer son logement en Airbnb ?
Pas pour sa résidence principale louée pour de courtes durées (CCH, art. L631-7-1 A). Pour un autre logement, dans une commune soumise, la location en meublé de tourisme est un changement d’usage (art. L631-7).
Puis-je exercer mon activité chez moi ?
Oui, dans une partie de votre résidence principale, sans clientèle ni marchandises reçues, si votre bail ou le règlement de copropriété ne s’y oppose pas (F35336).
L’autorisation se transmet-elle à l’acheteur ?
Seulement si elle a été obtenue avec compensation : elle est alors attachée au local. Sans compensation, elle est personnelle (art. L631-7-1).
Combien de temps la mairie a-t-elle pour répondre ?
En général 2 mois à dossier complet, sauf délai différent fixé par le règlement municipal (F35336).
Quel professionnel consulter
Avant d’acheter un local à transformer, le notaire vérifie l’usage réputé du local, le règlement de copropriété et l’existence d’une autorisation publiée au fichier immobilier. L’agent immobilier doit pouvoir vous dire si le bien est vendu comme habitation, bureau ou local commercial. Si le projet comprend des travaux, voir notre guide permis de construire ou déclaration préalable.
Trouver un professionnel
Un seul professionnel par métier et par secteur, sélectionné et noté sur 100 points à partir de données publiques, titre vérifiable. Le métier, son registre officiel et les professionnels retenus :
Le notaire retenu dans les grandes villes
| Ville | Professionnel | Secteur | Score /100 | Statut |
|---|---|---|---|---|
| Paris | Dextera Notaires | Paris, 7e arrondissement | 91 | Retenu |
| Marseille | 1391 Notaires | Marseille, 8e arrondissement | 85 | Retenu |
| Lyon | Archers Notaires | Lyon, 2e arrondissement | 92 | Retenu |
| Montpellier | Lexnot | Montpellier | 93 | Retenu |
| Bordeaux | 1645 Notaires | Bordeaux | 90 | Retenu |
| Lille | Notaires Lille Royale | Lille | 70 | Retenu |
| Rennes | Notaires des Lices | Rennes | 87 | Retenu |
| Dijon | Legatis Dijon-Genlis | Dijon | 86 | Retenu |
| Brest | Quid Novi Brest Notaires & Conseils | Brest | 86 | Retenu |
| Cannes | 1795 | Cannes | 70 | Retenu |
Les 10 villes qui comptent le plus de ventes (DVF 2025) et où un notaire est retenu ; dans une ville à plusieurs secteurs, la fiche au meilleur score. « Vérifié » : titre lu au registre par Payotte ; « Retenu » : titre déclaré, vérifiable sur la fiche.
Dans le même thème : Travaux et énergie
Sources
- Quelle autorisation déposer pour faire un changement de destination ou d'usage d'un bâtiment ? (service-public.gouv.fr, vérifié le 24 avril 2026) (consulté le 12 octobre 2026)
- Peut-on changer l'affectation d'un lot de copropriété ? (service-public.gouv.fr, vérifié le 12 mai 2026) (consulté le 12 octobre 2026)
- Comment transformer un local professionnel ou commercial en logement ? (service-public.gouv.fr, vérifié le 9 mai 2025) (consulté le 12 octobre 2026)
- Faire de sa résidence secondaire une location de vacances (meublé de tourisme) (service-public.gouv.fr, vérifié le 21 mai 2026) (consulté le 12 octobre 2026)
- Code de la construction et de l'habitation, articles L631-7 à L631-10 – L631-7 en vigueur depuis le 21 février 2026 (Légifrance) (consulté le 12 octobre 2026)
- Code de la construction et de l'habitation, article L651-2 – en vigueur depuis le 21 novembre 2024 (Légifrance) (consulté le 12 octobre 2026)
- Code de l'urbanisme, article R*421-14 – en vigueur depuis le 1er janvier 2016 (Légifrance) (consulté le 12 octobre 2026)
- Code de l'urbanisme, article R*421-17 (Légifrance) (consulté le 12 octobre 2026)
- Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, article 9 – en vigueur depuis le 18 juin 2025 (Légifrance) (consulté le 12 octobre 2026)
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